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22 août 2012

Aurore Valade, Rencontres d’Arles 2012

Aurore Valade construit ses photographies à partir des récits ou des témoignages de ses modèles. Elle met en scène leur vie quotidienne, questionnant ainsi nos modes de vie et notre espace intime. Les photographies de cette exposition sont construites selon trois genres de la peinture classique : le portrait, les scènes d’intérieur et les vedute. Chaque composition naît d’un minutieux travail de photomontage et de retouches. Mais, en dépit des interventions techniques et des redéfinitions, elles maintiennent une force réaliste et restent fidèles à la vérité du moment effectif de la prise de vue. Le travail d’Aurore Valade renvoie à un essai du poète et critique allemand Rainer Maria Rilke intitulé Notes sur la mélodie des choses (1898), dans lequel il engage une réflexion sur le thème du portrait dans les oeuvres d’art. Dans les écrits de Rilke, la vue sur le fond est semblable à une mélodie, comme si chaque personnage faisait partie d’un choeur, la voix de chacun contribuant à créer l’harmonie de l’ensemble. Selon le poète, ce n’est donc pas la reproduction fidèle du personnage qui fait naître la possibilité de la relation. Plus importantes sont, en revanche, la représentation et la compréhension du « monde » dans lequel le sujet vit, du monde qui se cache derrière la figure. Un espace qui, dans les travaux présentés à Arles, se présente comme un intérieur chargé d’objets et de souvenirs, un espace qui s’ouvre sur la vue en perspective de la ville ou sur le monde commun et globalisé dont témoignent les médias – le journal, la télévision – présents sur les photographies.

 

Maria Cristina Strati

 

Exposition présentée aux Forges, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2012.