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2 août 2017

Frank Berger, Prix Découverte, Rencontres d’Arles 2016

ARTISTE PRÉSENTÉ PAR FLORIAN EBNER
WEISSENFELS


Les immenses pièces lumineuses de l’artiste de Leipzig Frank Berger peuvent être interprétées comme des instruments destinés à interroger en permanence la réalité visuelle qu’elles représentent. Grâce au séquençage de ses projections, les spectateurs sont immergés dans la réalité des espaces urbains, chaque diapositive ajoutant quelque chose aux précédentes. Fleischwerk Weißenfels, son installation pour les Rencontres d’Arles, consiste en trois séries prises chacune à dix ans d’intervalle. Elle se concentre sur l’accès à un grand abattoir industriel. L’omniprésence des véhicules en train d’entrer ou de sortir du site met en lumière la manière proprement industrielle dont nous traitons aujourd’hui les animaux. Que peut nous dire une unique image de la réalité des usines ? Le travail de Frank Berger peut être interprété comme une tentative de réponse à cette fameuse question de Bertolt Brecht : une seule image ne peut pas nous dire grand-chose, mais une image récurrente peut nous offrir un tableau plus complet.
Florian Ebner


Une grande partie de mes travaux photographiques consiste en des projections sérielles de diapositives. L’intérêt photographique ne réside pas dans l’instant décisif mais dans des espaces-temps qui se manifestent dans la succession d’images. Les séries se focalisent sur des scènes et des scénarios urbains. Je photographie les protagonistes qui s’y attardent depuis le même point de vue sur plusieurs heures. Les images, montrées par projection successive de diapositives analogues, se suivent sans aucun fondu enchaîné.
La première de ces pièces a été réalisée en 1996 à l’entrée d’un grand abattoir industriel. Elle retrace, au cours d’une journée, les nombreuses allées et venues de véhicules qui témoignent indirectement des opérations ayant lieu à l’intérieur. En 2008, j’ai rephotographié cet endroit avec la même perspective et j’ai combiné les prises de vues avec celles de 1996 dans une seule installation.
Pour les Rencontres d’Arles, je suis retourné sur ce lieu et ai réalisé une troisième série. L’activité de l’abattoir, qui ne cesse de s’intensifier, est documentée pour la première fois de nuit, cette fois-ci à l’aide d’un appareil photo numérique à haute sensibilité. L’installation, qui couvre vingt années, consiste en trois projections réalisées avec des appareils qui suivent l’évolution de la technique sur la période.
Frank Berger


Exposition présentée à la Grande Halle.