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5 juillet 2013

Gilbert Garcin à Arles

Tout commence l’été 1995, lorsque Gilbert Garcin, alors jeune retraité qui a tout bonnement envie d’une seconde vie, se décide à se lancer dans la photographie et participe pour ce faire à des stages aux Rencontres d’Arles. Il y pratique le photomontage, qui sera sa source d’inspiration première. Depuis lors, il a imaginé à partir de sa propre silhouette un personnage universel dont il emprunte au départ la défroque à Tati. La figure de Gilbert Garcin se bâtit comme une incarnation ambiguë de lui-même à travers laquelle il interprète en acteur des situations mises en scène, faussement burlesques, qu’il qualifie de « petites philosophies » à la manière du grand Hitchcock.

Le charme opère car l’artiste nous parle d’évidences qui nous concernent tous : celle de la vie qui s’écoule, du temps qui fuit, de la ténacité qu’il faut pour continuer… Ainsi, Gilbert Garcin rappelle en images et à l’aide de titres évocateurs qu’il est préférable de « faire de son mieux » et de « connaître ses limites » car au fond on ne fait que « rejouer de vieux airs connus », ceux de « Sisyphe » ou d’« Atlas ».

Parallèlement, Monsieur Garcin, en homme pragmatique, a assis son travail sur une méthode rigoureuse : la production d’un essai de photographie hebdomadaire à partir de sa silhouette installée dans un décor qu’il réalise sous forme d’une maquette précaire. Grâce à cette détermination, s’est constitué en quelques vingt années un corpus de plus de quatre cents photographies. Et comme pour tout grand artiste, son style et son univers se sont imposés et ont séduit un très large public tant professionnel qu’amateur. Mister G est désormais connu à travers le monde tant par ses expositions, ses publications que par les milliers de références que l’on trouve à son sujet sur Internet. La rétrospective majeure que les Rencontres d’Arles lui consacrent est un hommage attendu à cette oeuvre fulgurante.

Christine Ollier, directrice de la galerie Les filles du calvaire.


Exposition présentée à l’Atelier de Chaudronnerie, parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2013.