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3 juin 2014

Ilit Azoulay aux Rencontres d’Arles 2014

À l’aide de la photographie et des outils informatiques, Ilit Azoulay poursuit un travail autour de la mémoire des lieux. Par un travail scrupuleux et quasi archivistique, elle conserve trace d’espaces le plus souvent sur le point d’être détruits, qu’elle reconstruit par la suite dans son studio et sur son ordinateur, leur faisant subir une transformation profonde, dans des images aux dimensions souvent monumentales qui tiennent du panorama ou de la fresque.

Quentin Bajac



L’histoire dépose ses sédiments sur les murs comme de la peinture sur une toile. À la fois support et façade, les murs délimitent un espace donné et consignent tout ce qui s’y est accumulé. Les vastes panoramas d’Ilit Azoulay résultent de nombreuses excursions sur des chantiers de construction et de démolition. Après un examen minutieux d’anciens murs, elle en prélève fragments et objets en tous genres : morceaux de ferraille, sacs plastique, éclats de verre, et même coquillages et pommes pourries. Ensuite elle photographie puis remodélise numériquement ces vestiges historiques hétéroclites en vue d’une composition finale. Chaque archive insolite nous raconte ainsi son histoire : son passé mais aussi ce qu’elle est devenue. À la fois réalistes et fictionnels, les lieux artificiels d’Ilit Azoulay fonctionnent à la manière des cabinets de curiosités et posent la question du mécanisme du regard et des conditions de la perception. En explorant les contradictions qui ébranlent la construction même du discours, son œuvre met au jour les juxtapositions impossibles, les inévitables angles morts, et nous montre comment, dans la sphère publique, la mémoire affleure ou se soustrait aux regards.

Shiraz Grinbaum



Artiste nominée pour le Prix Découverte des Rencontres d’Arles par Quentin Bajac.

Exposition présentée à l’Atelier de Chaudronnerie, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2014.