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5 juillet 2013

Jacques Henri Lartigue, Bibi

« Et maintenant à vous, modestes photographies, à faire ce que vous pourrez – bien peu je le sais – pour tout raconter, tout expliquer, tout faire deviner. Tout, même et surtout, ce qui ne se photographie pas. » Journal, 1931

Amateur de génie au talent précoce, Jacques Henri Lartigue fut découvert et célébré par les États-Unis en 1963, à l’âge de 69 ans. Ce regard américain se focalisa sur les premières années de l’oeuvre, celles de la Belle Époque dont les éblouissants instantanés du jeune Lartigue devinrent le monde clos de sa célébrité.


Pourtant l’oeuvre est riche de beaucoup plus. Vibrant miroir de toute sa vie d’homme, elle ne requiert pas seulement notre regard émerveillé mais aussi notre attention sensible.

 

La présente exposition est centrée sur les années 1920, celles de son mariage avec Madeleine Messager, dite Bibi, sa première épouse et mère de son fils unique Dany.


Les années avec Bibi (1918-1930) forment un tout très construit dans la vie comme dans l’oeuvre de Jacques Henri Lartigue. Solide et joyeuse, Bibi apporte un ancrage à sa sensibilité inquiète et Lartigue magnifie la force sereine de son épouse par l’usage du format panoramique.

Couple élégant et mondain, Jacques et Bibi participent à l’effervescence des années 1920 faite de soirées, séjours à Deauville, sur la Côte basque ou la Côte d’Azur. Lartigue s’efforce alors par la peinture d’entrer dans une vie professionnelle et d’obtenir une difficile indépendance familiale. Doutant de lui mais portant beau, Lartigue se laisse aller aux séductions fiévreuses de l’époque et demeure dans l’incompréhension et la douleur quand Bibi le quitte en 1930.

Maryse Cordesse, commissaire de l’exposition.

 

Exposition présentée à l’Église des Trinitaires, Rencontres d’Arles 2013.