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3 juillet 2014

Kechun Zhang, Le fleuve jaune qui jaillit vers le Nord en grondant

Avec cette série de photographies, Kechun Zhang a réalisé un travail impressionnant. Au-delà d’être un portrait poétique aux résonances écologiques du fleuve mère de la Chine, Le Fleuve Jaune pose la question du matérialisme. Comparé à nombre d’uvres similaires, le regard sensible de Kechun Zhang nous immerge dans la relation des hommes à la nature.


Bohnchang Koo




LE FLEUVE JAUNE QUI JAILLIT VERS LE NORD EN GRONDANT


À force de l’avoir considéré comme une chanson, notre mère ou le berceau de l’âme, le fleuve Jaune est devenu sujet à plaisanterie et s’est effacé de nos mémoires.

Les plaisirs tumultueux de la vie moderne nous ayant détournés du fleuve sinueux, nous ne prenons plus le temps de le contempler sereinement. C’est pourquoi j’ai décidé de suivre son rythme. Même si je pense que montagnes et fleuves échappent au commentaire du photographe, il était grand temps de briser le silence dans lequel s’était réfugiée mon âme et de partir observer ses flots au fil des saisons. Rien ne semble plus approprié, dans ce monde assourdissant, qu’une promenade au grand air pour honorer son histoire légendaire, sa fougue, la noblesse de sa couleur.

L’idée de ce projet m’est venue à la lecture du roman de Zhang Chengzhi, River of the North. Une fois en route, le courant de la réalité submergea mon esprit : le fleuve qui nourrissait autrefois tant de mythes n’existait plus. Son futur n’en demeure pas moins radieux, à l’image de ce pays immense à l’histoire millénaire. La faible plainte sera bientôt noyée par des cris de joie ; on aurait tort de ne pas être optimiste.

Kechun Zhang


Artiste présentée par Bohnchang Koo pour le Prix Découverte des Rencontres d’Arles.


Exposition présentée à l’Atelier de Chaudronnerie, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2014.