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15 juillet 2014

L’Arlésienne de Christian Lacroix

«L’Arlésienne», au-delà de cette fille d’Arles célébrée jusqu’à l’archétype par les poètes, peintres et musiciens de la fin du xixe siècle jusqu’à nos jours, ne saurait se réduire à un profil gréco-romain, un ruban de velours ciselé et un fichu de dentelle, si exceptionnels et mythiques soient-ils. Un mythe qui commence en 1651 avec la découverte dans les ruines du théâtre Antique de la fameuse Vénus et que ranimeront au milieu et à la fin du xixe siècle Frédéric Mistral et les poètes félibres sous un jour qui, au fil du xxe siècle, deviendra parfois trouble, sinon ténébreux. Le personnage, anonyme mais «éponyme» d’une des nouvelles des Lettres de mon moulin de Daudet (1869) mise en musique par Bizet (1872), connaît la gloire jusqu’à devenir nom commun ou presque, pour désigner en langage courant un personnage déterminant mais qui jamais n’apparaît, tout ce que l’on attend, espère et que l’on ne voit jamais venir ni arriver. L’absence donc, mais une absence «omniprésente», une invisibilité quasi palpable, l’empreinte d’un passage, comme le sillage d’un parfum que l’on suit à la trace jusqu’à l’effacement, la disparition, l’anonymat volontaire; l’empreinte des souvenirs, les vestiges de la mémoire, ses cicatrices. Autant d’axes, de thématiques possibles et de sillages qui guideront les choix de cette exposition dans la chapelle de l’hôtel Jules César, où l’on tâchera qu’apparaisse «en-fin» l’image de «L’Arlésienne», celle du xxie siècle.


Christian Lacroix



Avec le soutien de L’OCCITANE en Provence.



Exposition présentée à la Chapelle de la Charité, Rencontres d’Arles 2014.