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23 juillet 2015

Les Paradis. Rapport Annuel, Rencontres d’Arles 2015

Paolo Woods et Gabriele Galimberti.

 

Les paradis fiscaux ont discrètement conquis le monde. Plus de la moitié du commerce mondial transite dorénavant par ces espaces qui font régulièrement la une des journaux. Ils deviennent peu à peu des thèmes incontournables du débat politique. Les articles et les rapports de plus en plus nombreux sur ce sujet si mal compris sont en général illustrés par des images de plages bordées de palmiers. Est‐ce bien à cela que ressemblent les paradis fiscaux ? Du Delaware à Jersey ; de Singapour à Panama ; des îles vierges britanniques à la City de Londres, Paolo Woods et Gabriele Galimberti nous font découvrir un monde secret très différent de ce que nous nous plaisons le plus souvent à imaginer.

Pendant plus de deux ans, les deux artistes ont voyagé dans les centres offshore qui incarnent l’évasion fiscale, le secret, les opérations bancaires extraterritoriales et la très grande richesse, guidés par une unique obsession : traduire en images ces sujets immatériels. Ils ont produit une œuvre qui non seulement donne à voir ce à quoi ressemblent ces lieux, mais surtout ce qu’ils signifient.

On estime que, dans le monde, jusqu’à 32 000 milliards de dollars sont dissimulés dans des paradis fiscaux. Cet argent est placé offshore par des individus très riches et par des entreprises qui utilisent ces territoires à très faible fiscalité, souvent de manière légale, afin de réduire leurs impôts, conservant ainsi des ressources que les pays pourraient consacrer à l’éducation, à la santé ou à la sécurité de leurs citoyens.

Les paradis fiscaux ne sont pas une excentricité tropicale, mais bien plutôt un instrument structurel de l’économie mondialisée. Ils nous confrontent aux problèmes moraux les plus fondamentaux et interrogent les relations qu’entretiennent public et privé, entreprises et états, riches et pauvres.

Dans leur travail photographique, Paolo Woods et Gabriele Galimberti ont emprunté à l’univers sur lequel ils ont enquêté les tropes et le langage qui y ont cours. Ils ont réellement créé une entreprise, nommée The Heavens (Les Paradis) et dont le siège social se trouve dans le Delaware, un état où, pour une somme assez modique – et sans que soit demandé aucun document ni posée aucune question –, une entreprise peut être créée en moins de vingt minutes. Le siège social The Heavens est ainsi situé dans le même bâtiment mystérieux du Delaware qu’Apple, la Bank of America, Coca‐Cola, General Electric, Google, Wal‐Mart, et 285 000 autres entreprises.

 

 

Avec le soutien d’Olympus et la participation d’illy.
Le mobilier de l’exposition est créé par Cathedrae.

Publication : Les Paradis, Delpire, 2015 ;
The Heavens, Dewi Lewis, 2015.
Graphisme par Ramón Pez.
Tirages et encadrements réalisés par Center Chrome.
Exposition présentée au palais de l’Archevêché.