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22 mai 2017

Maud Sulter, Rencontres d’Arles 2016

SYRCAS

Cette exposition présente seize photomontages originaux de Maud Sulter, une oeuvre phare créée au début des années 1990 et qui servit de modèle pour sa célèbre série à grande échelle Syrcas.

Sans doute l’oeuvre la plus complexe de l’artiste, Syrcas vise, par la technique du photomontage, à remettre au jour l’histoire oubliée du génocide des Noirs européens pendant l’Holocauste. Sulter juxtapose une imagerie canonique tirée de l’histoire de l’art européenne classique avec des objets d’art africains, le tout recouvrant des cartes postales représentant des paysages alpins aussi pittoresques qu’indéterminés. Les tropes visuels de l’oeuvre sont intimement liés à l’idéologie nazie et aux questions de pureté raciales ainsi qu’aux présences africaines en Europe, tandis que le montage brutal des éléments visuels évoque davantage les scrapbooks.

Cette série nous rappelle ce que cela signifie de vivre à une époque « raciale ». Cette époque est principalement caractérisée par la mise en oeuvre d’une politique de la violence, de la conquête, de l’occupation et du déplacement, une politique qui ne connaît pas de fin jusqu’à ce que le désaveu et l’effacement soit total. La radicalité visuelle de la série Syrcas parvient dans un même geste à infléchir l’espace et l’histoire de la race.

L’oeuvre composite de Syrcas est soutenue par la reproduction du poème séminal de Sulter, Blood Money (1994). Inspiré par Circus Workers (1926-1932), travail du photographe allemand August Sander, le poème conte l’histoire déchirante d’une jeune femme africaine et de sa famille dans la guerre, condamnée à affronter en permanence la menace de la discrimination, de la violence et de la persécution.

« J’ai senti que cette oeuvre devait davantage ressembler à un journal. Lors de ma visite de la maison d’Anne Frank, j’avais aimé son journal, mais je voulais quelque chose de plus direct, de plus visuel, et, en fin de compte, de plus personnel. Alors je me suis souvenue d’avoir collé des photos dans un scrapbook quand j’étais enfant, et j’ai vu que c’était là une manière parfaite de juxtaposer des images pour présenter les problèmes historiques qui entourent la présence de personnes noires en Allemagne. »
Maud Sulter

Commissaire de l’exposition : Mark Sealy.
Exposition produite par Autograph ABP, Londres.
Exposition présentée à la Chapelle de la Charité.