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11 juillet 2014

Patrick Swirc, Don’t move

On me demande de dire ce que je pense des photographies de Patrick Swirc. Langage. Avec les mots, il cale, ne dit jamais ce qu’il veut, passe à côté, dit ci sans y penser, ou ça, en le regrettant. Il craint la perdition, et pourtant, le vertige infini avant de photographier le transporte absolument, comme une liberté. Sa photo ne va pas contre lui; seulement, elle le dépasse et le trahit parfois. Je sais qu’elle prend dehors pour parler de dedans. Sa terre est meuble, j’espère. Sa photo n’enterre pas, elle arrête, elle exhume, et même si je dis faux, sa photo dira vrai. Elle est manipulable et pourtant dépendante, bien dressée entre lui et les êtres vivants, comme sa chose, et pourtant, il suffit qu’il dise noir pour qu’elle imagine blanc. Il la domine, vaillant maître, perfectionniste dératé, mais il ne se rend pas compte de l’éternité qu’ils ont déjà, ensemble, fabriquée. Lui qui voulait finir, juste après lui, c’est raté.

Claire Castillon


Patrick Swirc est représenté par l’agence Moods, Paris.

Wallpaper réalisé par Picto, Paris.


Exposition présentée à l’Abbaye de Montmajour, Rencontres d’Arles 2014.