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15 juillet 2014

Raymond Depardon, Présence d’une génération perdue

Lorsque Raymond Depardon a photographié la France des villages et des quartiers pendant cinq ans, il était difficile que son objectif ne croise pas régulièrement des monuments aux morts tant ils font partie du paysage au coeur des villes. Les Rencontres présentent pour la première fois ces photos à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale. Rien n’y fait, ni les envolées lyriques de certains de leurs sculpteurs, ni les belles lumières et les couleurs de Raymond: ces monuments sont un condensé de cimetière, une cicatrice désagréable dans des paysages souvent bucoliques.

On voudrait que l’imposition de cette mémoire fasse réfléchir lors des soubresauts de l’humanité. Délicatement, avec la profondeur de son image grand format, Raymond Depardon semble nous inviter à regarder de nouveau ce que nous ne regardions peut-être plus avec la même gravité. Avec cette lumière très particulière, il sublime avec pudeur et simplicité cet hymne à une génération perdue, cette douleur latente que le temps ne doit pas atténuer, pour empêcher une répétition de l’histoire.

François Hébel



Tirages réalisés par Central Dupon Images, Paris.

Encadrements réalisés par Circad, Paris.



Exposition présentée à l’église des Frères-Prêcheurs, Rencontres d’Arles 2014.