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6 juillet 2013

Raynal Pellicer, collection À Fonds Perdus

Cette collection rassemble plus d’une centaine de photos de presse publiées entre 1910 et 1970 par des quotidiens américains comme The Chicago Tribune, The Baltimore Sun, The Boston Herald, The Denver Post, The Detroit News…

Des tirages argentiques retouchés à la gouache et à l’encre, au pinceau et à l’aérographe, qui portent des marques de recadrage, de repères et d’annotations manuscrites techniques tracés au crayon gras. Des épreuves de travail corrigées, parfois truquées, avant publication par des illustrateurs et des retoucheurs traditionnels.

Plus que les événements auxquelles elles sont liées, ces images témoignent d’un métier et d’un processus photographique aujourd’hui disparus. Elles démontrent également que, contrairement à une idée reçue, la retouche sur photo de presse n’est ni exceptionnelle, ni l’apanage d’une propagande des pays totalitaires de la première moitié du XXe siècle, ni liée à l’apparition du numérique ou des logiciels comme Photoshop. Des photos de presse ont toujours été retouchées avant publication, ne serait-ce que pour un simple recadrage ou pour un rééquilibrage des contrastes.


La charte graphique et la maquette du journal imposaient la mise en page de la photo sur une ou plusieurs colonnes. La plupart du temps, l’arrière-plan était estompé ou supprimé pour aérer la mise en page, recouvert par un fond monochrome à l’aide d’une épaisse couche de gouache grise ou noire.

Parfois des personnages indésirables étaient effacés, des éléments recréés. La cigarette d’Humphrey Bogart disparaît, le gangster Jim Morton reçoit veste et cravate, Marcel Marceau perd un bras (un comble pour un mime !) Au-delà d’une simple correction liée à des contraintes techniques, il s’agit pour l’éditeur de s’approprier et de modifier une image originale dont il n’est pas l’auteur. Lorsque ses retouches échappent au regard du photographe, se pose alors la question de l’intangibilité de la photographie de presse et du tabou de la retouche.

Raynal Pellicer, commissaire de l’exposition.


Exposition présentée à l’Atelier des Forges, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2013.