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30 août 2012

Regine Petersen, En quête d’une étoile déchue

« Si vous cherchez à atteindre les étoiles, continuez à creuser », disait Steve Arnold dans Meteorite Hunter (Chasseur de météorites). Les météorites sont les témoins de la première formation de matière dans notre système solaire. Demeurées intactes depuis sa naissance il y a plusieurs milliards d’années, elles détiennent la mémoire de la genèse de notre environnement, enfouies sous sa surface. Nous sommes confrontés à des questions existentielles : de quoi l’univers est-il fait ? Comment a-t-il évolué ? Comment la vie et la complexité sont-elles apparues ? En tant qu’objet inerte et neutre, la météorite est aussi une toile où projeter nos désirs, fantasmes et peurs. Son apparence quelconque, indifférente au temps et au lieu, permet souvent de préserver un fragment du passé tout en livrant un éclairage sur notre histoire et notre culture. Citons par exemple la météorite d’Ensisheim, tombée sur la France en 1492, fixée par une chaîne au mur de l’église locale. En 1954, dans l’Alabama, une météorite a frappé une femme sur son canapé, la livrant à une publicité à laquelle elle n’était pas préparée. Et pas plus tard qu’en 1992, les habitants de Mbale en Ouganda, ont mangé les fragments d’une pluie de météorites, pensant qu’il s’agissait d’un remède divin contre le sida.

Fascinée par ces capsules temporelles sculpturales, je me suis laissée emporter. Les photographies, ou « images pensées », tracent la cartographie de mes découvertes, des lieux, maisons, déserts et champs où ces météorites se sont imposées au regard de témoins et de leur descendance. Plus qu’une reconstitution de ces événements, mon travail est à la fois une collection de traces, une étude des mécanismes du temps, de la mémoire et de l’histoire ainsi qu’une tentative de créer un lien entre ordinaire et sublime.

Regine Petersen

Tirages réalisés par l’artiste et Foto Company Altona, Hambourg.

Encadrements réalisés par Plasticollage et Circad, Paris.


Artiste présentée par Olivier Richon.

Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2012.