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3 août 2017

Sara Cwynar, Prix Découverte, Rencontres d’Arles 2016

ARTISTE PRÉSENTÉE PAR STEFANO STOLL
FLAT DEATH


La pratique de Sara Cwynar recourt autant à la photographie qu’à l’installation et au recyclage d’images. Elle se concentre sur la tension qui résulte de la rencontre entre techniques photographiques anciennes et nouvelles technologies. Jouant de l’esprit « vintage », elle développe une série d’anachronismes visuels soigneusement élaborés en studio en s’appropriant du matériel trouvé – souvent dans les marchés aux puces ou sur Internet – et en le traitant selon des procédés de dernière génération, que ce soit en scannant, en rephotographiant, en assemblant numériquement ou encore en composant des natures mortes qui mêlent images et objets. Ses manipulations aspirent à la fois à redonner du sens à cette imagerie obsolète tout en révélant sa banalité. Comme elle le précise, elle cherche à « redonner vie à l’ancien en recourant à tous les moyens contemporains possibles ». Dans cet esprit, elle a publié en 2015 un livre d’artiste intitulé Encyclopedia of Kitsch dans lequel elle illustre la fonction du concept de kitsch en photographie en invoquant Baudrillard, Barthes et Kundera.
Stefano Stoll




À partir d’objets et de photographies trouvés, je compose des images qui tentent de capturer la sensation du temps qui passe. En recourant au collage et à la rephotographie, je produis des images composites qui rappellent les vieilles publicités des magazines, les cartes postales ou les catalogues d’antan.
Je m’intéresse aux images commerciales démodées, à l’échec, produit par le temps, de leur supercherie visuelle au déclin de leurs pouvoirs de séduction. Mon travail met en lumière la manière dont ce qui fut familier devient étranger, la façon dont les objets fétichisés peuvent perdre leur éclat, dont le glamour s’émousse.
Flat Death combine des constructions sculpturales photographiées, imprimées, superposées et rephotographiées à nouveau, puis associées à des images tirées de notices de chambres noires décomposées au moyen d’un scanner. Le procédé est circulaire ; il commence et s’achève avec une photographie, à l’issue d’un périple scandé par les interventions et les manipulations qui finalement troublent la surface lisse et la perspective de l’image d’archive. Ces travaux actualisent le sens mystérieux d’un monde perdu, celui des images patiemment accumulées et redimensionnées, de façon à prouver au présent que les images ne meurent jamais : elles flottent quelque part entre le règne traditionnel de l’argentique et Internet, entre des liens affectifs complexes et le kitsch.
Sara Cwynar


Tirages réalisés par Picto, Paris.
Encadrements réalisés par Circad et Plasticollage, Paris.
Exposition présentée à la Grande Halle.