logo
fr en
close post
27 août 2012

Sébastien Calvet, La politique est un théâtre

Elle compte ses personnages principaux, ses seconds rôles, ses décors.

 Le spectacle est permanent. Il se déroule devant vos yeux et met en scène les duels, les embrassades. J’ai choisi de photographier cette comédie humaine. Je me suis mis à sa hauteur, à son rythme. Tous les jours, patiemment j’ai enregistré le manège des candidats au pouvoir. J’ai observé les cercles des affidés ou des ennemis. Mon attention s’est aussi portée sur le miroir déformant des médias. J’ai intégré dans mon cadre les silhouettes des preneurs d’images, de sons, de mots. 

J’ai choisi de distiller mes cadres, petit à petit. Le journal Libération m’a permis de laisser parler mon regard tout au long de ses pages. Durant toutes ces années j’ai pu partager les petits riens qui font la vie des politiques et font aussi la mienne. L’actualité n’est que la somme immense de moments insignifiants. Le flux des informations fait le lit des commentaires et des analyses. Je tente de me tenir sur la rive. Observateur embarqué mais tentant de rester naïf et lucide. C’est finalement la solitude et le mouvement que je retiens. Une vie à voyager avec des personnages que je tente de suivre et qui parfois me perdent. Le plus difficile, dans cette course, c’est de tenir son regard. Ne pas le perdre. 

Je ne photographie pas la politique. Je poursuis des femmes et des hommes vers des destinations étranges. Des villes sans nom où nous ne restons que quelques heures. Ils viennent là pour prononcer un discours, serrer quelques mains, embrasser quelques joues. Lorsque le cirque s’interrompt, je capte le relâchement. Il faut faire vite, profiter de cet instant qui a échappé à la surveillance des communicants.

 Sébastien Calvet


Exposition présentée à la Grande Halle, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2012.