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5 juillet 2013

Sergio Larrain, Rétrospective

Sergio Larrain a traversé la planète photographique tel une météorite. Son souci de pureté, son attrait pour la méditation, l’ont conduit à s’isoler, après de nombreux voyages, en autarcie dans la campagne chilienne où il a enseigné le yoga et le dessin. De là il écrivait beaucoup, soucieux de la nécessité de contribuer à la prise de conscience que l’humanité court à sa perte si elle ne réagit pas.

Depuis la fin des années 1970, sa pratique se limitait à quelques « satori », purs moments d’éblouissements, et il éditait lui-même de nombreux petits livres. Pendant longtemps, Sergio Larrain a refusé l’idée d’une exposition de son travail de son vivant, car la médiatisation nécessaire qui en résulterait le sortirait de son isolement durement gagné.

À la fin de sa vie, néanmoins, il l’a accepté, et c’est donc en plein accord avec ses enfants que cette rétrospective peut avoir lieu. Le commissariat est assuré par Agnès Sire, directrice de la fondation Henri Cartier-Bresson à Paris, qui a correspondu avec Larrain pendant 30 ans et s’est efforcée de préserver son oeuvre avec les équipes de Magnum à Paris.

L’exposition retrace l’ensemble de sa carrière, des premières années d’apprentissage aux « années Magnum », des images documentaires à celles plus libres des « satori » et des dessins qui ont jalonné toute sa vie. Sergio Larrain avait un oeil très vif, libéré des conventions. « Je peux donner forme à ce monde de fantasmes quand je sens que certains résonnent en moi », écrivait-il dans son livre El Rectangulo en la Mano (1963). Cette approche à la fois sociale et poétique fait de Sergio Larrain un photographe brillant qui reste un modèle pour les générations nouvelles.



Exposition présentée à l’Église Sainte-Anne, Rencontres d’Arles 2013.