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3 août 2017

Stephanie Kiwitt, Prix Découverte, Rencontres d’Arles 2016

ARTISTE PRÉSENTÉE PAR FLORIAN EBNER
MÁJ/MY

Le travail de Stephanie Kiwitt s’inscrit dans une tradition photographique documentaire à la fois critique et conceptuelle. Son approche se distingue par la diversité formelle et l’élégance graphique de son regard. À travers ses constellations d’images, l’espace urbain, utilisé comme terrain de recherche, devient abstrait mais aussi espace mental témoin des désirs de notre société de consommation.
Dans son travail récent Máj/My, entièrement en noir et blanc où les images dialoguent les unes avec les autres, Stephanie Kiwitt confronte le présent capitaliste de Prague avec le monde d’antan, son passé socialiste et même son imagerie surréaliste. Les objets et les promesses du nouveau système semblent être les vraies chimères de notre temps.
Florian Ebner

Le titre de mon nouveau travail, Máj/ My, est emprunté au nom d’un grand magasin pragois qui, des années 1970 à la chute du régime communiste, s’est appelé « Máj » (« mai » en tchèque) avant de devenir « My » en 2009. La sonorité commune des deux mots, qui renvoient à des systèmes économiques et politiques bien distincts, devient stratégie marketing. Le Mai socialiste se transforme ainsi en un pronom possessif néolibéral à la première personne du singulier, l’anglais « My ». Cette astuce formelle permet de substituer de manière inaudible un nouveau nom à l’ancien tout en faisant perdurer la sonorité ancienne. Ma posture photographique oscille entre sobriété documentaire et regard subjectif et construit. Prises à Prague, les photographies de publicités, d’étalages garnis ou vides, de marchandises neuves ou d’objets déjà usagés, sont mises en regard et se répondent mutuellement. Une image entre en résonance avec la suivante.
Stephanie Kiwitt

Exposition présentée à la Grande Halle.