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6 juillet 2013

Studio Fouad, Beyrouth et Van-Leo, Le Caire

Peu après sa création en 1997, la Fondation arabe pour l’image commença à collecter des images de photographes anonymes, amateurs et professionnels. Les deux premières grandes collections provenant de photographes de studio furent celles de Van-Leo au Caire et d’Adib Ghorab à Beyrouth, présentées dans cette exposition à travers une sélection de portraits réalisés en studio et colorisés à la main.


STUDIO FOUAD

Nés à Jaffa, Adib et Fouad Bendali Ghorab quittèrent la Palestine en 1948 pour s’installer au Liban, où ils furent formés à la photographie par leur oncle. Quelques mois plus tard, ils louaient un petit studio de photographie dans le centre de Beyrouth. En 1954, ils devinrent les photographes officiels de la loge maçonnique d’Orient et ouvrirent un studio plus important à Accaoui connu sous le nom de Studio Fouad. Au fil des ans, ils acquirent une solide réputation grâce à leurs portraits colorisés à la main. Dans un entretien accordé un an avant sa mort en 1996, Fouad expliquait ainsi sa démarche : « Le travail du photographe consiste à maîtriser la lumière et à savoir comment la réfléchir. Je me concentre sur les principaux traits du visage, comme les yeux et la bouche, qui sont les éléments déterminants de la beauté d’un visage. Puis je travaille sur les détails propres au visage du modèle et j’ajuste l’éclairage en conséquence. »

VAN-LEO


Né en 1921 à Ceyhan, en Turquie, Levon Boyadjian a émigré avec sa famille au Caire en 1924. En plus d’un demi-siècle, Van-Leo a réalisé des milliers de portraits de clients, d’amis et de connaissances. Son premier studio, ouvert avec son frère Angelo dans le salon de la maison familiale, réalisait le portrait des artistes de music-hall du Caire durant la Seconde Guerre mondiale. Lorsque les deux frères se séparèrent en 1947, Van-Leo emménagea un peu plus loin dans la rue, dans l’ancien Studio Metro qu’il renommera par la suite « Van-Leo : photographe d’art ». C’est là qu’il se consacra à la pratique qui allait faire sa réputation.

Certains de ces portraits – comme ceux du chanteur Farid El Atrache se prélassant dans son appartement raffiné ou de la célèbre actrice Sherihane habillée en cowgirl – ont été délicatement colorisés à la main. Si Van-Leo a toujours nié avoir eu recours à des assistants, l’ambiguïté persiste, certains affirmant qu’il sous-traitait la colorisation de ses photographies. Plusieurs noms ont été évoqués mais, à l’image d’une grande partie de sa vie et de son travail, l’essentiel reste masqué par une glorieuse ambiguïté.

Membres de la Fondation arabe pour l’image, Karl Bassil et Negar Azimi travaillent actuellement à un projet de livre et d’exposition sur la vie et l’uvre du photographe.

 

Exposition présentée à l’Espace Van Gogh, Rencontres d’Arles 2013.