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23 août 2012

Tadashi Ono, Du 247E au 341E jour, Tohoku

Le 11 mars 2011, à 14 h 46, un grand séisme de magnitude 9 s’est produit à Tohoku, région du Nord-Est du Japon. L’épicentre se trouvait au large de la côte de Sanriku, où se succèdent des baies complexes et de ports de pêche. Le tsunami qui a suivi a détruit la quasi-totalité des côtes habitées et créé des scènes apocalyptiques, emportant près de 20 000 âmes.

Le gouvernement et les médias ne cessent de souligner qu’un tsunami de cette envergure ne se produit qu’une fois tous les mille ans pour insinuer que l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima était imprévisible. Alors qu’en réalité, c’est le quatrième grand tsunami de l’ère moderne, après celui de 1896, 1933 et 1960.

En novembre 2011, huit mois après le désastre, j’ai commencé à voyager le long du littoral dévasté, étendu sur les trois préfectures : Iwate, Miyagi et Fukushima.

Les décombres ont été nettoyés et entassés comme des montagnes. Diverses espèces d’herbes ont repris possession des terrains vagues. Les oiseaux reviennent dans le centre ville, vidé de ses habitants.

En marchant sur le bord de la zone inondée, j’ai essayé de photographier ces paysages suspendus, en transition. Dans ces images, divers artefacts régis par le principe de priorité économique sont transfigurés par la mer. Leurs limites deviennent floues. Épaves de voitures, quintessence de produits industriels semblent mimer la forme de vagues ou de montagnes.

Sous le vent qui balaye les terrains vagues, j’ai souvent eu l’illusion d’être un photographe du 19e siècle, en Égypte ou au Mexique. Digues détruites, routes coupées, fondations exposées… Ces constructions de notre civilisation moderne sont devenues les ruines d’un site archéologique. Comme si le tsunami nous avait tout d’un coup projeté vers le futur…

Tadashi Ono



Exposition présentée à la Grande Halle, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2012.