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23 juillet 2015

Une attention particulière, Rencontres d’Arles 2015

ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE LA PHOTOGRAPHIE, ARLES

 

Cette année, le jury composé d’Agnès Sire, directrice de la fondation Henri Cartier‐ Bresson, de Marco Zappone, directeur des éditions Photosynthèses et de Sam Stourdzé, directeur des rencontres d’Arles, a porté son attention sur quatre étudiants qui, dans un style et une approche différents, se retrouvent néanmoins dans leur volonté de brouiller les cartes du langage photographique. déconstruisant certains codes de monstration, poussant le spectateur dans ses retranchements ou l’invitant à mener l’enquête, ces quatre jeunes photographes proposent avant tout de nouveaux territoires photographiques où notre regard devient l’acteur principal.

Une voiture abandonnée dans les rues de Mexico, un homme accoudé à une cabine téléphonique, des marches de béton surgissant d’une forêt luxuriante : quelques indices laissés par Cloé Vignaud nous guident sur les pas de Roberto Bolaño revêtant la casquette de l’un de ses détectives sauvages. Comme une sorte de jeu de piste, son travail ingénieux propose au visiteur une nouvelle lecture des territoires réels et fictionnels de Mexico, où le faux‐semblant n’est jamais où on l’attend, et où l’on se surprend à jouer à réinventer une histoire écrite.

Dans cette même approche de destruction des territoires réels et de nouvelle circulation, Louis Matton travaille depuis trois ans sur la zone de notre‐dame‐des‐ Landes, construisant sa série autour des Objets autonomes, ces objets fabriqués in situ peuplant l’espace au côté des squatteurs et formant leur territoire. en jouant sur le double sens du terme autonome, ils sont en même temps ensemble symbolique de lutte, objets utilisés par les occupants, et couleurs, formes, images à regarder en tant que telles.

Swen Renault participe à cette même mouvance d’appropriation et de transformation en abordant la question du statut de l’œuvre d’art. En mélangeant images glanées sur Internet et productions visuelles propres, Swen Renault se joue de ce flux en détournant de façon subtile et ironique nos icônes modernes ou en proposant d’élever au rang d’œuvre d’art ces objets quotidiens devenus invisibles mais qui bientôt n’existeront plus.

Pablo Mendez complète cette exposition par une approche vidéaste de la question du cheminement et du langage. Argentin en France découvrant les frustrations de vivre dans un pays dont la langue parlée n’est pas la sienne, il propose deux œuvres vidéo fortes et poétiques où le corps, dans son incapacité à pouvoir communiquer, cherche à s’exprimer. Dans Le Radeau, il nous emmène, au rythme de l’eau, dans les réminiscences de son enfance.

 

Exposition produite par l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles.
Exposition présentée au couvent Saint-Césaire.