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10 juillet 2009

Anders Petersen, Rencontres d’Arles 2009

J’aime regarder.

Je voudrais avoir le regard innocent d’un enfant et voir le monde pour la première fois.

J’ai remarqué que je ressens de plus en plus le désir d’être primitif, semblable à un chien.

Quelqu’un qui photographierait ses expériences et ses souvenirs à la lisière de l’identité, avant qu’ils ne se compliquent.

Il faut comprendre qu’on trouve plus de vitamines créatives en fouillant dans la terre qu’en côtoyant les anges dans le ciel.

D’habitude je ne prends pas de photographies à la recherche de la réalité.

La réalité est surévaluée et signifie tant de choses merveilleuses et contradictoires.

Mais à l’évidence, j’aime cette confusion.

C’est une sorte de plate-forme qui permet de se sentir bien à l’intérieur et j’ai remarqué que ça aide, un peu, d’être petit et timide.

La photographie ne traite jamais de la photographie, mais parfois elle effleure votre réalité.

Je crois en ce que je ressens, et en l’illuminant à travers soi, cela peut parfois être un moyen de fixer la vie avec autant de proximité qu’un autoportrait.

Jamais sans risque, absolument stimulant.

Pour moi, il y a des rencontres qui ont de l’importance, les images en ont moins.

Il suffit de trouver son propre équilibre, sans être sentimental et sans disparaître lors de ces rencontres et ces aventures amoureuses.

Il faut avoir un pied dans la situation, mais garder l’autre au-dehors.

Alors je continue à poser les mêmes questions, sans manières en sachant qu’il y a plus de caché que de visible.

Toujours étonné par l’imprévisible.


Anders Petersen


Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2009.