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1 août 2007

Arja Hyytiainen, Martin Kollar, Mathieu Pernot & Virxilio Vieitez aux Rencontres d’Arles 2007

Ils sont tous trois très différents, et tous sont contemporains et assignent, de par leurs pratiques du médium, des fonctions différentes à la photographie. Mais tous trois se situent dans le champ du documentaire et, à leur manière, ils sont représentatifs de l’éclectisme de la galerie VU’, attentive aux écritures nouvelles, refusant le décoratif et soutenant des points de vue tranchés.


Mathieu Pernot, ancien élève de l’école de la Photographie d’Arles, a, dès le début, questionné la mémoire. De l’histoire douloureuse des tsiganes aux cicatrices des centres villes vidés de leurs habitants traditionnels, il témoigne en questionnant rigoureusement la forme. Le musée Niépce, qui a produit et exposé ce travail à Chalon-sur-Saône au mois de mars dernier, nous permet de présenter aujourd’hui à Arles le dialogue qu’il a instauré entre la destruction récente des barres d’immeubles, essentiellement en banlieue parisienne – qu’il a saisie en noir et blanc à la chambre – et les cartes postales colorisées des années 1960 et 1970 qui célébraient la « modernité » de ces constructions. Son « grand ensemble » est à la fois un témoignage sur une réalité sociale et urbanistique et une réflexion sur l’image portée sur la ville et la façon dont elle a été vécue et appréhendée.


C’est en couleurs et avec un sens rare de l’humour que Martin Kollar a regardé les pays d’Europe centrale – il est slovaque – alors qu’ils étaient en pleine transition entre le passé communiste et l’actualité du capitalisme triomphant. Chaque image nous fait sourire, vraiment rire parfois, mais au-delà de l’anecdote, l’ensemble apparaît comme une réflexion profonde sur des mutations fondamentales qui peuvent nous projeter dans un absurde presque inquiétant.

Quant à Arja Hyytiäinen, qui partage les mêmes doutes et les mêmes inquiétudes face au monde que les deux artistes précédents, elle a décidé, en noir et blanc et en couleurs, en affirmant son approche subjective, de nous livrer un univers flottant et bancal, des personnages étranges. Elle fait se rencontrer son univers intérieur et ses angoisses avec leurs correspondances dans le réel.Chacun à leur manière, c’est d’aujourd’hui qu’ils nous parlent tout en explorant les possibles de la photographie.


VU’ La Galerie


Expositions présentées au Capitole, Rencontres d’Arles 2007.