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21 juillet 2002

Caroline Feyt, L’épreuve de l’immatière

Devant l’image. Ou dedans. Se tenir à la bonne distance. Laisser aller ses sensations. Pas seulement optiques mais aussi haptiques. Ne pas se contenter de voir (d’ailleurs que voit-on, sinon justement des sensations : des flux et des flous, de l’agitation et de la texture, du vertige et de la vibration, du battement, de l’échevelé, du contourné, du tremblé, etc.). Ne pas seulement vouloir voir, mais tout autant chercher l’épreuve. Une sorte d’expérience sensitive de l’immatière photographique, qui passe par l’enveloppement des sens et le toucher visuel (c’est cela la fonction haptique). S’imprégner de cette épaisseur des noirs, des blancs, des gris, de ce pointillisme du grain, de ces étirements du voilé. S’exposer soi-même à des images précipitées, qui sont autant de mémoires du mouvement et de la lumière. Se laisser emporter par des volutes ou des envols. Plonger dans des tourbillons, rouler dans l’informe, s’éblouir de drapés immaculés ou flotter dans des ombres ténébreuses. Les épreuves de Caroline Feyt offrent à nos sens éperdus ce genre d’expérience quasiment sensorielle. Comment décrire ce qui excède le visible? Que dire ou que penser devant ces formes singulières ? (…)

[Extrait du texte de présentation de l’exposition.]


Philippe Dubois



Exposition présentée au Cloître Saint-Trophime, Rencontres d’Arles 2002.