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28 août 2007

Chai-na / China

Artistes: Cang Xin, Han Bing, He Yunchang, Hei Yue, Huang Yan, Ian Teh & Wang Wei, Jia Youguang, Li Wei, Liu Bolin, Liu Jin, Liu Zhuoquan, Miao Xiaochun, Shao Yinong & Mu Chen, Sze Tsung Leong, Wang Wei, Weng Fen, Wang Jin, Wang Qingsong, Zhang Dali, Zhang Baijun, Zhao Liang, Xuli Wenyan.



Les villes de Chine émergent à une vitesse hallucinante des ruines et des détritus de matériaux de construction pour se transformer en villes futuristes faites d’innombrables immeubles aux façades de verre, de gratte-ciels, de nouvelles structures qui empruntent tout à l’architecture globale occidentale. Les murs des anciennes cités sont détruits et font place aux fondations de villes nouvelles que tous convoitent pour en faire de nouveaux eldorados de prospérité.

Chai-na, deux caractères chinois qui signifient démolition-ici ont la même prononciation que China, en anglais Chine. Chai-na est l’ombre immense de China, la Chine resplendissante sur laquelle tous les regards sont braqués. Au-delà de l’histoire pleine de succès, il y en a une autre, pleine de tristesse, voire ­d’ai­greur. Chai-na / China, comme le Ying et le Yang, est la contradiction de notre époque. C’est une réalité qu’il faut oser regarder et exprimer pour envisager l’avenir. Chai-na / China reflète cette période de transition qui oscille entre démolition et construction, propre à toutes les villes de Chine, et qui, depuis une dizaine d’années, inspire la création d’une grande partie de la communauté artistique. Ces changements urbains impliquent des bouleversements sociaux qui conduisent à reformuler les relations sociales au plus profond de leur agencement. L’ensemble de ces changements est en train de creuser un gigantesque fossé d’un point de vue historique et culturel, dans lequel les artistes, anxieux et inquiets, essaient de capter les contradictions de leur temps.

L’exposition Chai-na / China regroupe le travail de 24 artistes, de toutes générations confondues, depuis Zhang Dali à Huang Yan ou Miao Xiaochun déjà internationalement reconnus jusqu’aux plus jeunes comme Jia Youguang et Liu Jin. L’exposition originale a d’abord eu lieu à Pékin en 2006 pour le festival DIAF et faisait partie du programme Soldiers at the Gates réunissant artistes et architectes pour comprendre les nouveaux enjeux auxquels la ville de Pékin doit faire face. La trentaine d’uvres sélectionnées pour Arles, plutôt que d’illus­trer un thème précis, a cette particularité de contenir en elle cette impression d’être en démolition-construction. Trois parties sous-tendent la trame de l’exposition, qui ne suivent d’ailleurs pas un ordre chronologique. La première partie, la ville en démolition, évoque une histoire de chaos d’une tragédie absolue. La deuxième partie, l’homme échappé dans la ville ou la performance dans la ville, insiste sur la place du sujet et du corps dans ces nouvelles composantes urbaines et sociales. La troisième partie, la ville réelle, laisse aller l’imagination au gré d’une observation précise de la ville et de ses déformations. Violence, humour, poésie mais en réalité peu de dérision sont invoqués pour faire sentir ces contradictions très violentes que toute une génération d’artistes a elle-même du mal à comprendre et digérer.



Commissaires de l’exposition : Huang Rui, Huang Yan, Feng Boyi, Bérénice Angremy et Marie Terrieux.


Exposition réalisée avec le soutien de HP.

Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2007.