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6 juillet 2004

Chris Killip à Arles

Lorsqu’il quitte son île de Man pour Londres en 1964, Chris Killip a 18 ans et la passion de la photographie. Employé chez Adrian Flowers, photographe commercial réputé, il doit faire face au marasme anglais de l’époque. La photographie indépendante et les expositions photographiques demeurent confidentielles, quasiment inconnues.

Au cours d’un voyage à New York en 1969, il découvre qu’au MoMA les images de Walker Evans, Paul Strand et Robert Frank partagent les cimaises avec les maîtres de l’art du XXe siècle. Il prend alors la décision de se consacrer à la photographie en tant qu’indépendant. De retour dans l’île de Man, il se met à son compte, en « améliorant son ordinaire » à l’aide d’un travail de barman dans le pub paternel. Il faut toutefois attendre 1975, une bourse d’études de deux ans, pour que Chris Killip trouve sa « voix ». Ayant élu domicile à Newcastle, ville industrielle de tradition ouvrière, il se met en quête d’un nouveau langage photographique. 

Récusant les clichés de « la vie dans le nord du pays », tout en conjuguant un regard très juste avec toute la précision du négatif 4×5, ses images incarnent une sensibilité subjective, où l’absence d’illusion n’exclut pas l’élan constructif.


« J’ai un très clair souvenir d’avoir vu ces images dans la revue Creative Camera en 1977 : il y a là, me suis-je dit, un travail qui va faire école, qui libère la photographie documentaire britannique de son carcan de sentimentalité, de nostalgie, tout en pointant l’ambiguïté visuelle qui habite toute image envoûtante ».

Martin Parr



Avec le soutien du British Council.


Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2004.