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15 août 2006

Claudia Fährenkemper, Photomicrographies – images d’une dimension sans limite

Proposée par Vincent Lavoie pour le Prix No Limit 2006.


La technologie de l’image offre une nouvelle expérience du regard, les mondes inaccessibles à l’œil humain. Elle reflète également l’impact croissant de la technique et de la science sur nos vies et la nature elle-même. Mes images du microcosme sont prises avec un microscope électronique à balayage  (Scanning Electron Microscope, SEM). Au lieu de la lumière naturelle, le SEM utilise un faisceau d’électrons, introduisant ainsi de nouveaux possibles en matière de perception et moyens de reproduction.  C’est l’incroyable profondeur de mise au point du SEM qui, en particulier, nous permet de percevoir le monde microscopique comme une image en trois dimensions, exacte, détaillée, réaliste. Depuis 1995, je suis fascinée par les possibilités particulières et l’esthétique de ce medium. Dans mes photomicrographies, je me concentre précisément sur cette illusion de l’espace, la plasticité et la matérialité des objets, les rendant presque palpables. Le format monumental des tirages permet de bien voir le détail des motifs.


Je travaille simultanément sur cinq séries : Imago (insectes), Metamorphosis (larves d’amphibiens), Embryo (graines), Habitus (cristaux) et Planktos (planctons). Mes photomicrographies sont des images autonomes et, quand elles sont faiblement grossies, elles fonctionnent comme d’autres morphologies. Cependant, grossies davantage, et par conséquent rendues plus abstraites, elles révèlent de nouveaux niveaux de signification. Elles ne sont au service ni de l’illustration scientifique ni de l’interprétation arbitraire des microstructures. Au contraire, elles permettent de percevoir les cohérences de la nature et donnent une idée de la multiplicité, de la beauté, et de la sombre étrangeté des micro-organismes.


Les photomicrographies nous rendent accessible, avec profondeur et précision, la dimension illimitée du monde microscopique.

Claudia Fährenkemper


Je remercie le Zoologisches Forschungsinstitut und Museum Alexander Koenig de Bonn pour le soutien apporté à mon travail depuis 1995.



Exposition présentée au Magasin Electrique, Rencontres d’Arles 2006.