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26 août 2009

David Armstrong, The Indecisive Moment*

C’est autour de Noël que Nan et moi avons commencé à parler de l’exposition à Arles. Intuitivement, la première idée que j’ai eue était de faire exactement ce que nous avons fini par faire. Pour Nan, ce n’était pas le cas. Puis je me suis mis à changer d’avis à mon tour. Les idées intermédiaires que nous avons eues tous les deux auraient demandé un accrochage beaucoup plus classique. Notre seul désaccord était que nous voulions présenter des pans différents de mon travail. Nous avions cette même idée d’une collection concentrée, avec des images essentielles qui se répondent, ainsi que les notions de «less is more», du « parti pris photographique», etc. Lors de notre troisième ou quatrième rencontre, Nan, qui était venue chez moi à Brooklyn plusieurs fois, a remarqué des tas d’images au milieu du désordre ambiant. Certaines lui ont beaucoup plu. Cela m’a fait plaisir, parce qu’il s’agissait d’un travail récent, que très peu avaient vu, et encore moins apprécié, y compris moi-même. Je travaille beaucoup dans la mode depuis sept ou huit ans et la quantité de choses à faire dans le temps imparti me laisse rarement le temps d’une pause contemplative. J’ai pris l’habitude de tirer immédiatement les images qui me semblent bonnes en me disant que j’y reviendrai de manière plus posée par la suite. Peu à peu, des montagnes de détritus photographiques ont commencé à m’envahir. Mais j’ai trouvé le temps pour me remettre au portrait et au paysage. J’ai été intrigué par la manière dont ces images, créées sur demande, témoignent du moment, d’une façon à la fois prévisible et surprenante. Je suis conscient que ce que Nan désirait sans oser me le demander, c’était de placarder l’espace de toutes les images que j’avais faites au cours des dix dernières années. En fait, cela m’a ravi. Une fois de plus, ce sont les oeuvres qui montrent la voie. Nous nous sommes donc retrouvés au point de départ. En fin de compte, «more is more » me convient mieux, ainsi qu’à Nan, à mon avis. Puis après tout, ce n’est rien que du papier.

David Armstrong, mars 2009.

* L’instant Indécis


Exposition « Ça me touche, Les invités de Nan Goldin » présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2009.