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15 août 2006

Eleni Bakopoulos, Minotaure

Proposée par Abdoulaye Konaté pour le Prix Découverte 2006.


La vie et le statut de la femme aujourd’hui sont pour Eleni Bakopoulos une préoccupation constante, associée à sa fascination pour  l’interaction de la photographie, du film et de la peinture. Sa position à la fois comme artiste et sujet de son travail ainsi que sa profonde connaissance de l’histoire de l’art, forment la majeure partie de son matériau artistique.  

Les photographies d’Eleni Bakopoulos  ont toujours été sensuelles et bien mises en scène, leur référence au matériau historique en étant l’élément de séduction. En 2001, Eleni Bakopoulos pénétra, par son art, le monde mythologique et macho du Minotaure de Pablo Picasso. La série My Own Minotaur  (Mon propre Minotaure) est très différente de son travail antérieur en ceci que le spectateur sait tout à fait que c’est le personnage féminin qui raconte l’histoire. Nous voyons par ses yeux, entrapercevant ses genoux, le bord de sa jupe ou les boucles de ses cheveux qui entrent en conflit avec  à l’objectif.  My Own Minotaur a évolué vers Minotaur Africa (Minotaure Afrique) au moment où Eleni Bakopoulos participa au volet photographique des 5èmes Jeux de la Francophonie au Niger. Elle s’est alors sentie poussée à explorer la question du mariage des enfants, sur laquelle elle avait fait des recherches au préalable. Avec l’appui et la coopération de plusieurs hommes et femmes influents de ce pays, elle a produit des images obsédantes qui insufflent la vie à un Minotaure bien réel.

La motivation qui sous-tend l’ensemble du travail de Eleni Bakopoulos peut être justement définie comme un constant dialogue entre l’ancien et le nouveau. Plus qu’une critique ou un commentaire sur l’art, on sent dans son travail un amour nostalgique du monde de l’histoire de l’art et un désir d’exploration de son matériau. Entre les anciennes et nouvelles idéologies, entre les limites du passé et les préoccupations du présent, Eleni Bakopoulos se voit comme un médiateur qui comble le fossé entre la beauté et la liberté de l’histoire de l’art et les préoccupations d’un monde de l’art de plus en plus formé, complexe et politisé.  



Exposition présentée au Magasin Electrique, Rencontres d’Arles 2006.