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6 août 2004

Euromediterannée, Claire Chevrier – Brigitte Bauer – Antoine d’Agata et Emmanuel Pinard

Euroméditerranée à Marseille essaie d’inaugurer un nouveau rapport entre territoire en changement et photographie contemporaine à travers une commande publique aux méthodologies plus interactives et à des orientations plus artistiques.

Le bouleversement a commencé. Il est profond, touche physiquement à des symboles particuliers comme le Port ou les infrastructures autoroutières. Les constructions neuves sont en chantier dans ces quartiers qui n’en ont pas vu depuis trente ans. Euroméditerranée est l’une des plus importantes interventions publiques d’aménagement urbain actuellement en cours en Europe. Développée dans un territoire d’environ 300 hectares et de 30.000 habitants au contact du centre ville de Marseille, l’opération vise à relancer le développement économique, culturel et social de la métropole, en lien très étroit avec la réalisation d’espaces publics, la production d’immobilier et la transformation des grandes infrastructures.

Mais pour être spectaculaire, la mutation ne laisse souvent que peu de traces. Difficile de raconter ce qui se tenait là, avant la construction de tel immeuble, comment on circulait d’ici à là, ce qui se passait dans le quartier : les représentations mentales sont recouvertes d’une strate de plus, empilée sur les précédentes sans s’y substituer. 

Il est donc important de disposer de traces objectives de la réalité passée (pour asseoir une évaluation, une datation, une histoire), mais aussi « d’instruire » les regards sur ce territoire, de comprendre comment l’évolution des regards forge la transformation de l’espace vécu. La démarche de commande publique photographique vise à compléter les dispositifs de relevés et de reconduction déjà en place, par une approche plus artistique.

Dans un cadre conventionnel et financier, l’établissement public d’aménagement, le Ministère de la Culture et de la Communication et la Ville de Marseille ont piloté une commande publique à 4 photographes, en synergie avec des architectes, des historiens et des photographes. Au cours des deux années de la mission, les rencontres entre les différents partenaires et les photographes se sont multipliées, imprimant une évolution au projet de départ. 



Claire Chevrier, Brigitte Bauer, Antoine d’Agata, Emmanuel Pinard ont été les 4 artistes retenus. Ils ont exploré chacun à leur manière la problématique centrale de la mutation de la ville. 

Claire Chevrier s’est attelée à interroger les processus de transformation et les fictions dont ils sont porteurs. 

Dans une approche plus picturale, Brigitte Bauer propose des points de vue qui mettent en évidence le caractère intimement paradoxal de la vie en ville et de sa transformation.

Pour Antoine d’Agata, l’accent est mis sur la relation entre le contexte urbain et l’être humain, habitant ou salarié, en procédant par incrustation des deux sujets photographiés séparément.

Enfin, Emmanuel Pinard s’attache à la relation au grand paysage en faisant la démonstration de la présence réelle de « l’existant » et des limites de toute intervention humaine.



Les œuvres sélectionnées, acquises et versées au fonds communal de la Ville de Marseille restent aujourd’hui actives et ouvrent des interrogations urbaines multiples.

 

Commande publique du Ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Marseille et d’Euroméditerranée


Exposition présentée à l’Abbaye de Montmajour, Rencontres d’Arles 2004.