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12 juillet 2011

Gabriel Figueroa, La traversée d’un regard du directeur de la photographie de Luis Buñuel

Le regard de Gabriel Figueroa Mateos (1907-1997) embrasse plus d’un demi-siècle d’histoire du cinéma mexicain. Dans sa trajectoire prolifique de créateur d’images, il a été portraitiste en studio, reporter graphique, photographe de plateau, éclairagiste, chef opérateur, directeur de la photographie et figure emblématique d’une usine à rêves qui a offert à plusieurs générations de Mexicains un divertissement et une éducation sentimentale. La filmographie de Gabriel Figueroa se compose de plus de deux cents pellicules. Le photographe y a prouvé son habileté technique, sa maîtrise recherchée du cadrage et du clair-obscur, son affinité avec l’esthétique des autres arts plastiques, ainsi que sa capacité à s’adapter au rythme des transformations d’un art qui était autant une industrie qu’un spectacle. Son talent pour les lumières et pour la caméra a été reconnu dans les festivals de films les plus importants du monde, et réclamé par des réalisateurs de l’envergure d’un John Ford, d’un Luis Buñuel et d’un John Huston. L’exposition, conçue comme une installation vidéographique, propose un passage en revue synthétique de l’iconographie animée du photographe qui a porté au grand écran les passions, les visages et les paysages d’un peuple élu par le soleil et assombri par la tragédie. Pendant ce trajet, le spectateur pourra découvrir, même de façon fragmentaire, la diversité des genres qu’a fréquentés Figueroa en tant que cinéaste : des thrillers, des comédies, des tragi-comédies, des mélodrames, des épopées historiques, ou encore des adaptations de romans et de romans-feuilletons. Traversée des mondes réels ou illusoires que le regard d’un photographe a permis de voir, d’entrevoir ou d’imaginer, l’exposition est surtout la confirmation de l’existence d’une multitude de Mexiques, certains d’entre eux n’étant qu’un effet de la séduction des images.


Alfonso Morales, commissaire de l’exposition

 

Exposition présentée à l’Église des Frères-Prêcheurs, Rencontres d’Arles 2011.