logo
fr en
close post
16 août 2006

Geert Goiris à Arles

Proposé par Marc-Olivier Wahler pour le Prix Dialogue de l’Humanité 2006.



Quelque fois, je me trouve dans des cultures différentes de la mienne, où sont parlées des langues que je ne comprends absolument pas. Je dois alors répondre à une communication non-verbale. Ainsi j’ai appris que, même si par essence nous sommes des individus très différents, des choses peuvent être comprises en dehors de la barrière de la langue.  Comme photographe, ceci m’est très utile, pas concrètement, mais cela me donne accès à une certaine forme « d’universalité » difficile à expliquer, mais qui peut être ressentie. Être coupé de ses racines, dans un pays étrange et étranger peut être lassant, mais cela me met dans une position que j’affectionne : celle de l’étranger, de l’observateur indépendant.  D’un autre côté, naturellement, j’aimerais avoir le temps et la disponibilité d’esprit pour apprendre beaucoup de langues différentes et acquérir une compréhension profonde des pays que je visite, mais la vie est courte et j’essaye de m’en accommoder et de satisfaire ma curiosité immédiate de manière improvisée. Voyager permet aussi d’apprendre : j’aime beaucoup observer différents comportements, conduites, modes de relations (état – individu, familiales, amicales). Ces observations ne sont directement reflétées dans mes photographies mais je pense qu’elles modèlent ma personnalité, mes convictions sociales et politiques qui elles, guident aussi mon travail. Finalement, l’un des principaux aspects du voyage est pour moi de ressentir les caractéristiques physiques des lieux. Il est important (même si parfois peu agréable) de sentir le froid, la chaleur, la poussière, l’odeur, le bruit… afin de vraiment comprendre un environnement. Ces sensations ne peuvent être transmises convenablement par la photographie, mais malgré tout je continue de tenter d’inclure dans mes images un peu de la particularité de l’atmosphère ambiante. Je sens que je dois la vivre afin de rendre plus profonde ma relation à l’endroit. C’est pourquoi voyager n’est pas seulement pour moi un moyen de trouver des paysages étranges ou exotiques, mais une recherche pour accroître ma compréhension du monde où nous vivons.


Geert Goiris


Exposition présentée au Magasin Electrique, Rencontres d’Arles 2006.