logo
fr en
close post
12 juillet 2011

Graciela Iturbide aux Rencontres d’Arles 2011

Graciela Iturbide est l’une des photographes mexicaines les plus remarquables du paysage contemporain international. Durant sa carrière, longue d’une quarantaine d’années, elle a bâti une oeuvre à la fois intense et profondément singulière. Cette oeuvre est d’ailleurs essentielle pour comprendre l’évolution photographique au Mexique et dans le reste de l’Amérique latine. Sa contribution et son talent lui ont récemment valu le prix Hasselblad, la plus haute distinction photographique au monde. Célèbre pour ses portraits d’Indiens seris, qui vivent dans la région désertique de Sonora, pour son regard sur les femmes du Juchitán de l’isthme de Tehuantepec (Oaxaca) ou pour son essai fascinant sur les oiseaux, Iturbide poursuit un parcours visuel qui comprend des pays aussi variés que l’Espagne, les États-Unis, l’Inde, l’Italie, Madagascar, et bien sûr son Mexique natal. Sa curiosité pour les différentes manifestations de la diversité culturelle lui a permis de faire du voyage une démarche créative. Elle exprime sa passion artistique en ces termes : « photographier comme prétexte pour apprendre à connaître ».

Sa façon d’observer le monde à travers l’objectif associe l’expérience au rêve de manière inhabituelle, en un canevas complexe tissé de références historiques, sociales et culturelles. La fragilité des traditions ancestrales, leur difficile maintien, l’interaction entre nature et culture, l’importance du rituel dans le langage corporel de tous les jours et la dimension symbolique des paysages et des objets trouvés au hasard sont d’une grande importance dans sa riche carrière. Son travail se caractérise par un dialogue constant entre images, époques et symboles, dans un tableau poétique où se mêlent le rêve, le rituel, la religion, le voyage et la communauté.

Marta Dahó, commissaire de l’exposition.

 

Exposition présentée à l’Espace Van Gogh, Rencontres d’Arles 2011.