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8 août 2006

Guy Le Querrec, L’œil de l’éléphant

« Il est à la fois le poète et le bouffon !

J’ai tout de suite pensé à lui, Guy est un virtuose.
Il a un héritage sans doute « Magnumien », l’instant décisif, et il a aussi une forte personnalité. C’est un grand tireur, il déclenche son appareil au bon moment, il a beaucoup travaillé là- dessus, il nous a tous complexés ! C’est quelqu’un de très présent, il est authentiquement français, il porte en lui tout un monde, Guy est le vrai parigot !
Et il aime le mot, il aime rire…
J’ai eu la chance de faire un atelier avec lui, Guy est un grand expert de la pédagogie ! Je l’ai aidé mais aussi observé, sa science est monumentale, il a un discours incroyable sur la façon de faire des photos. Si je devais donner un conseil à quelqu’un, je lui dirai d’écouter Guy car il sait transmettre l’amour de la photo, la science et son charme. Il est psychologue, sorcier, conseiller, il aime les gens, l’être humain. Il aime aussi la musique.

On a aussi ce point en commun, nous sommes des « Africains » tous les deux ! On a ce projet utopique de se rencontrer au milieu de l’Afrique, lui venant de l’ouest et moi de l’est. Un jour, peut-être, on fera ce reportage. L’Afrique lui va bien, il est peut-être le plus africain des photographes français. Il est le griot, il est le musicien, le danseur, le clown, la grâce, la parole, il aime les Africains, les gens, les femmes, la musique, les notes, les chansons. C’est un personnage à la fois très français, et en même temps universel. Il n’y a pas beaucoup de Guy Le Querrec dans le monde ! »

Raymond Depardon


L’œil de l’éléphant

Guy Le Querrec est « un photographe, véritable funambule sur le fil du hasard qui cherche à attraper les étoiles filantes », selon ses propres mots. L’érigeant au rang des étoiles et du feu, évinçant sa modestie, Jim Harrison dira de lui à propos de son reportage Sur la piste de Big Foot, publié aux éditions Textuel : «Guy Le Querrec a l’œil splendide mais impitoyable d’un tragédien. (…) Ces photos allumeront un feu dans votre esprit, un feu qui durera toujours si vous êtes un être humain digne de ce nom. »

Dramaturge, utilisant la photographie pour servir un discours et non un style, Guy Le Querrec part à la rencontre de l’Afrique noire et du Maghreb en 1969, engagé par l’hebdomadaire Jeune Afrique. Il rejoint ensuite l’agence « Vu des éditions Rencontre » en 1971 et l’année suivante, co-fonde l’agence Viva qu’il quitte en 1975. Sujets les plus représentatifs de cette période : la Bretagne, La famille en France, le Portugal de la Révolution des Œillets, les Français en vacances. Entré à Magnum en 1976, il mène des reportages majeurs : le concert Mayol à Paris, la Chine, les Etats-Unis : le Big Foot Memorial Ride. De 1977 à 1985, il accompagne le sculpteur Daniel Druet à l’Elysée pour une dizaine de séances de pause du Président François Mitterrand.

La musique, et tout particulièrement le jazz qu’il fréquente depuis les années 60, occupe une place importante dans son travail. Ses photographies constituent une chronique régulière et dense de l’univers des musiciens. Prolongeant les tournées africaines à travers 25 pays, avec les musiciens Aldo Romano, Louis Sclavis et Henri Texier, trio inventé à son initiative, sont publiés chez Label Bleu trois coffrets Carnet de Routes, Suite Africaine et en 2005 African Flashback. Guy Le Querrec mène par ailleurs, depuis son premier stage aux Rencontres d’Arles en 1976 une activité pédagogique régulière et remarquée, en France et à l’étranger.



Exposition organisée avec la collaboration de Magnum Photos et le soutien du laboratoire Dupon. 

Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2006.