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23 août 2005

Jacqueline Hassink, Arab Queen Bees / Reines de la ruche : le monde arabe

Arab Queen Bees / Reines de la ruche : le monde arabe est la suite de Female Power Stations: Queen Bees / La femme-moteur: Reines de la ruche, 15 portraits de femmes cadres supérieurs dans des sociétés américaines, européennes ou japonaises faisant partie des « Global Fortune 500 » de 1997. Ces femmes ont participé au projet en me permettant de photographier leurs tables de salle de réunion et de salle à manger. 

En 2001, Female Power Stations: Queen Bees a été présenté à Mme Al Kaylani, coordinatrice de l’AIWF, le Forum International des Femmes Arabes, basé à Londres. Mme Al Kaylani a gracieusement accepté de participer à un projet similaire portant sur les femmes arabes ayant un poste de cadre supérieur. 

Fortement négative, l’image des femmes arabes véhiculée par les médias occidentaux m’a poussée à montrer ces femmes sous un tout autre jour, en recherchant à la fois davantage de variation et de complexité. J’espère donc que mon projet aura un effet de catalyseur en communiquant une image plus positive du monde arabe dans sa globalité.  

Arab Queen Bees s’est révélé nettement plus difficile et plus complexe que la majorité de mes projets, dans la mesure où, en tant qu’étrangère, j’ai eu beaucoup de mal à appréhender la culture arabe et, plus particulièrement, le statut des femmes. En effet, la culture arabe est d’une grande diversité, les différents pays n’ayant en commun que l’appartenance religieuse et la langue arabe. C’est la raison pourquoi je me suis rendue à plusieurs colloques organisés par l’AIWF en Europe et que j’ai consulté un certain nombre d’experts dans ce domaine.

Ce projet me fascine réellement parce qu’il représente le défi de comprendre la situation d’une femme arabe haut placée dans les affaires. J’ai choisi comme terrain d’investigation de grandes sociétés parce c’est là que la réussite des femmes pose le plus de problèmes. De plus, je me trouve intriguée depuis une bonne dizaine d’années par le rôle de ces entreprises dans notre société, par les forces qui les gouvernent et particulièrement leurs PDG. 

D’entrée de jeu, identifier celles qui font la loi dans le domaine des affaires est nettement moins aisé dans les pays arabes qu’aux États-Unis, en Europe et au Japon. La majorité des grandes sociétés arabes bien connues dépendent de l’État et n’ont pas de cadres supérieurs féminins. Aucune société arabe ne figure dans les Global Fortune 500. L’aide de Mme Al Kaylani m’a donc été précieuse.

Étant donné que le statut des femmes dans le monde arabe n’est pas du tout celui qui caractérise les trois pays occidentaux dans lesquels j’avais déjà travaillé, le concept de base d’Arab Queen Bees diffère de celui de Female Power Stations: Queen Bees. La femme d’affaires arabe qui a réussi a souvent hérité de la société de son père et jouit du soutien de son mari et d’autres membres de la famille. Il est rarissime qu’une femme lance une société sans ce type de soutien, mais il existe tout de même un petit nombre de femmes qui ont formé leur entreprise de manière indépendante. Il existe également une troisième catégorie, celle des femme ayant réussi leur carrière en dehors du monde arabe, en Europe ou aux États-Unis.

Arab Queen Bees se penche donc sur ces trois groupes. Dans chaque pays, Mme Al Kaylani m’a aidée à repérer des femmes correspondant aux critères du projet : toutes les participantes sont citoyennes d’un pays arabe et le projet comprend au moins une représentante de chaque pays.

Jusqu’ici, la liste des participantes inclut une trentaine de femmes originaires de seize pays arabes: l’Algérie, le Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie, le Koweït, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Soudan, la Tunisie, les Émirats Arabes Unis et le Yémen. Le projet va se dérouler au cours des mois de février, mai, octobre et novembre 2005.

Une sélection inédite de photographies tirées du projet sera présentée aux Rencontres d’Arles en été 2005. Elle fera également partie de « The Office », une exposition de groupe itinérante montée par le Center for Creative Photography à Tucson, Arizona, prévue pour les États-Unis en 2007-2008.


Jacqueline Hassink
New York – mai 2005



Cette exposition est soutenue par le Laboratoire Dupon.


Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Rencontres d’Arles 2005.