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17 août 2008

Jeffrey Silverthorne, Rencontres d’Arles 2008

Voilà près de quarante ans que l’Américain Jeffrey Silverthorne, méconnu en Europe, décline la question du corps et de sa représentation. Sa photographie, noir et blanc ou couleur, emprunte à la fois au documentaire et à la mise en scène, avec une aisance, une recherche jubilatoire, continuant inlassablement d’explorer, de s’interroger sur la façon particulière qu’a la photographie de jouer sur les deux tableaux, du réel et de la fiction.

Dans sa façon de photographier les morts à la morgue, les Female Impersonators, ou ses autres portraits, il emprunte certes au formalisme documentaire – il se considère comme un témoin – mais, comme pour Diane Arbus dont il admire le travail, qu’il a connue et dont il s’est senti proche, il se dégage ce sentiment ambigu, déroutant, de connaître et reconnaître sans qu’on sache vraiment quoi, et qui donne à voir, à sentir au-delà du sujet lui-même. Des images où fiction et réel se mêlent, énigmatiques et mystérieuses.

C’est ce même goût de l’étrange qui anime les mises en scène aux nombreuses références mythologiques, bibliques, picturales et photographiques où l’artiste s’exhibe volontiers. La série Silent Fires affiche ouvertement l’artificialité des compositions : une toile de fond est tendue, les corps et les objets sont comme enduits de peinture et les lumières contribuent au fantastique de la scène. L’utilisation de la couleur, surprenante et indatable, de ses portraits ou mises en scène, renforce l’ambiguïté de ces images qui jettent le trouble dans le regard du spectateur.



Exposition réalisée en collaboration avec Lars Schwander et le Fografisk Center de Copenhague.

Exposition présentée au Capitole, Rencontres d’Arles 2008.