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18 août 2006

Joan Fontcuberta, Miracles & Co

Un journaliste d’investigation, Joan Fontcuberta, s’infiltre dans le monastère de Valhamönde, une communauté religieuse (orthodoxe, mais pas très catholique) installée depuis près de dix siècles dans la Carélie, une région reculée de la Finlande, au milieu d’un labyrinthe de lacs et d’îlots boisés.

La Carélie est considérée comme le berceau du Kalevala, l’extraordinaire épopée du héros Wäinämöinen, mais c’est également une terre de superstitions et de légendes, ainsi que d’anciens cultes païens.

Notre reporter relate l’histoire du monastère, qui semble avoir depuis longtemps été une terre d’accueil pour tout ce que le monde compte d’étrange et d’ésotérique. Tous les plus grands manipulateurs mystiques sont passés par Valhamönde : le Comte Cagliostro, Raspoutine, Ron Hubbard (le fondateur de la dianétique et de l’Église de scientologie)… Paradoxalement, ce lieu difficile d’accès s’est avéré, durant plusieurs décennies, être un rouage essentiel dans la lutte pour le pouvoir à un niveau mondial. Pourquoi ? Parce qu’on y apprend à faire des miracles censés conférer à celui qui les réalise un grand pouvoir sur les masses. C’est peu dire qu’en ces temps difficiles où l’humanité cherche à nouveau l’espoir dans la spiritualité religieuse, Valhamönde forme des apprenti-messies.

Fontcuberta révèle cependant que ces miracles ne sont pas authentiques, car les moines se sont assurés les services de prestidigitateurs et autres escamoteurs tout prêts à divulguer leurs « trucs » contre une rémunération conséquente. Parmi les miracles enseignés à Valhamönde, signalons par exemple celui du dolphin-surfing, conçu pour des yuppies stressés ; ou encore celui de la chair, au cours duquel le visage de Che Guevara apparaît dans une tranche de jambon. Enfin, plusieurs photographies de ce reportage ont fait la une des journaux internationaux quand le scandale de cette fausse école de miracles a éclaté.


En faisant un hommage au langage caricatural de la bande dessinée et à celui de la vieille photographie d’esprits, cet essai photographique fait une référence critique à la foi religieuse mais aussi au fanatisme, à la superstition, à la magie, au paranormal et à la crédulité.



Cette exposition a été produite par la Fundación Telefónica (Madrid) et a reçu le soutien de la Fondation Hasselblad (Goteborg).

L’exposition est accompagnée d’un livre publié aux Éditions Actes Sud.

Exposition présentée au Cloître Saint-Trophime, Rencontres d’Arles 2005.