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JR | 2007 | France |
1 août 2007

JR, 28 millimètres, Portrait d’une génération // Face2Face

La cohérence recherchée pour un programme est exclusive de certaines expositions que l’on aurait souhaité présenter. JR sera l’exception de cette édition. Photographe totalement non institutionnel, exposant son travail sur les murs des villes, doté d’un contact extraordinaire avec ses sujets dit « sensibles », il pointe des paradoxes violents de nos sociétés et force ses acteurs à l’humour. L’urgence semble animer sa démarche, il était donc urgent de l’inclure dans ce programme à la dernière minute et hors de toute catégorie. Non institutionnel !

 

François Hébel



JR a 25 ans et expose librement dans les rues du monde, attirant l’attention de gens qui ne sont pas les visiteurs habituels des musées.

Son travail mélange l’art et l’action, parle d’engagement, de liberté, d’identité et de limite.

Après avoir trouvé par hasard un appareil photo dans le métro en 2000, JR fait un tour d’Europe de l’art de rue, traquant ceux qui envoient des messages à travers les murs. Puis, il commence à travailler sur les limites verticales, observant les gens et les scènes des sous-sols interdits et des toits de la capitale. Plus tard, il réalise « Portrait d’une génération », portraits des jeunes de banlieue qu’il colle, en format immense, dans les anciens quartiers populaires de Paris. Avec un objectif 28 millimètres, les photographies sont prises très près de la personne. Il utilise le noir et blanc pour créer une différence avec l’agression publicitaire en couleur. Ce projet illégal est devenu « officiel » quand la Mairie de Paris et la Maison Européenne de la Photographie ont entouré leurs bâtiments avec ses photos.


En Mars 2007, avec Marco, JR fait le projet Face2Face, la plus grande exposition de photographie illégale au monde : huit villes israéliennes et palestiniennes et la Barrière de sécurité / Mur de séparation des deux cotés (sur 7 m de haut et 55 m de long).

Ils collent ses immenses portraits de Palestiniens et d’Israéliens face à face. Tous les experts disaient que les gens refuseraient de faire des grimaces pour être collés sur les murs et que l’armée israélienne, la police palestinienne ou les extrémistes les arrêteraient. Cela ne s’est pas produit et ils ont collé 1 500 m2 de posters sans problèmes majeurs.


À travers ce projet, JR a montré que l’art pouvais faire reculer les limites du possible. L’art est un prétexte pour « sortir de soi ».


Avec son objectif 28 millimètres, des gens qui font des grimaces, des posters immenses et son anonymat, le photographe ne donne pas d’interprétations et laisse un espace libre pour une rencontre entre un sujet / acteur et un passant / interprète.

Le vrai étonnement ne consiste pas à être étonné par quelque chose d’étonnant. Cela ne serait pas étonnant. Le vrai étonnement survient lorsqu’on est étonné par quelque chose qui n’est pas étonnant en soi, comme soi-même, son voisin ou son ennemi. Par la surprise et la question qu’il soulève, chacun peut réviser ses habitudes de pensées et se libérer des stéréotypes et des préjugés. C’est sur cela que JR travaille. Poser des questions.


Exposition présentée sur les murs de l’Atelier des Forges, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2007.