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22 août 2005

La collection de W.M. Hunt, Sans Regards ou No Eyes

Une sélection de la collection Dancing Bear de W.M. Hunt  


Voilà une trentaine d’années W.M. Hunt achète une photographie, ce geste va lui changer la vie. Collection Dancing Bear est en effet composée de photographies recueillies depuis de longues années par W.M. Hunt, collectionneur à la démarche créatrice particulièrement prononcée. Elle rassemble presque un millier d’images traversant l’histoire de la photographie. Sa toute première acquisition fut The Dream de Imogen Cunningham (1910) et la plus récente, un tirage couleur de la série Winterreise de Luc Delahaye.

Aujourd’hui, il s’enthousiasme toujours autant pour les photographies de sa collection, considérant qu’elles constituent une traduction directe de son inconscient bien qu’elle a commencé par quelques simples achats.


Les clichés de cette sélection sont pour W.M. Hunt « des images magiques et époustouflantes de personnes dont on ne voit pas les yeux ».

Signées par les plus grands noms – Penn, Avedon, Mapplethorpe, Brassaï, Brandt, Witkin, etc. –  jusqu’à de parfaits inconnus, elles sont toutes caractérisées par l’absence paradoxale du regard sur le sujet photographié, malgré la prise de vue très proche parfois adoptée.

On relève la présence de nombreux jeunes photographes contemporains, comme Gerald Slota, qui ont d’ailleurs réalisé leurs premières ventes avec W. M. Hunt, en lui cédant leurs clichés pour sa collection. On y retrouve aussi des oeuvres du XIXe siècle avec des artistes aussi renommés que Julia Margaret Cameron ou Disderi, ainsi que nombre de cartes de visite et cartes de collection réalisées par des ateliers célèbres – les Frères Alinari et Nadar –  et d’autres aujourd’hui oubliés ou méconnus.

Cette sélection de la Collection Dancing Bear embrasse donc la totalité de la photographie : elle propose non seulement des tirages d’artistes mais aussi des oeuvres vernaculaires, des instantanées, des tirages de presse et des photographies de fonds scientifiques, toutes conformes à la thématique mystérieuse de l’absence de regard, « No Eyes ».


Exposition considérable et hors norme de plus de 300 oeuvres, No Eyes traduit une démarche photographique personnelle, intense. François Hébel voit dans la collection de W. M. Hunt une collaboration poétique entre l’art et le collectionneur. Chacune des images fait partie d’un voyage incessant, unique et très personnel. « La collection, c’est moi. » ; déclare Hunt.

L’installation est composée de salles accueillant tour à tour des oeuvres figuratives, de grands classiques de la photographie ou des tirages de presse (dont la provocatrice Falling Man relative au 11 septembre 2001), ainsi qu’un cabinet de curiosités (provenant du domicile de W.M. Hunt, en hommage au mur-bibliothèque d’André Breton exposé au Centre Georges Pompidou)…

Un ensemble de décors très divers mais qui invitent le visiteur à une unique appréciation de la photographie.

François Hébel



Exposition présentée à l’Espace Van Gogh, Rencontres d’Arles 2005.