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14 août 2008

Leila Mendez, Slight wounds

Certaines personnes voient à travers les choses. Elles les repèrent, les étudient, les dévoilent et nous les font apparaître sous un jour différent. Certaines de ces personnes sont photographes. Leila en fait partie. Elle est le cil conspirateur derrière l’obturateur, la fine paupière, la tête rousse qui voit les choses et traverse le miroir. Leila crée des images qui dépassent leur propre horizon, qui font apparaître des paysages et des visions, qui révèlent ce qu’on ne peut entendre, ce qui est lisse et rassurant. Leila a toujours repéré les choses, au grand air à Madrid ou dans les ongles d’un clochard à Paris. Leila séduit, elle est proche, romantique et spontanée. Tantôt argentine, brésilienne, espagnole, catalane, ses photos sont aussi persistantes que sa trace.

Les photos de Leila ne sont jamais étrangères. Elles sont rassurantes comme une carte de séjour, comme un lieu qui détend notre regard dans l’exil. L’aventure de Leila est un voyage dans des contrées lointaines où la beauté se répand sans limites, où les portraits et les regards disparaissent et fondent comme des larmes de mercure sur des arrière-plans sombres, verts, volcaniques, froids, futuristes et fragiles.

Dans cette série de 9 portraits, Leila a photographié 9 amis de profil, de face, de dos, presque sans les regarder. Immobiles, ils épousent la nature de façon presque onirique. Ces images correspondent à une série de gestes figés dans des environnements protecteurs, des lieux où l’on aime se retrouver seul, où les rayons lumineux se déversent en douceur pour se répandre ensuite dans les coins. Cette compilation d’images est un gros plan sur le sourire de Leila, une autre allusion à ses amis, à ses paysages et à son regard dont elle a fait un havre d’émotions indestructibles.

Héctor Castells




Tirages réalisés par Dupon Digital Lab.

Artiste présentée par Luis Venegas. 

Exposition présentée à la Grande Halle, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2008.