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20 août 2012

Les Archives Alinari et la syntaxe du monde, hommage à Italo Calvino

ALINARI, UN PASSÉ CONJUGUÉ AU PRÉSENT

L’année 2012 marque le 160e anniversaire de la maison Alinari, atelier familial de 1852 à 1920, puis société d’actionnaires et désormais fondation, située à Florence. Cette continuité fait d’Alinari la plus ancienne firme photographique au monde après avoir été l’atelier le plus florissant d’Italie.

Sa renommée est d’abord liée à la reproduction de qualité des oeuvres d’art. Très rapidement son rayonnement commercial prend assise sur le patrimoine culturel italien dans son ensemble, à travers des campagnes de prises de vue qui répertorient les vestiges de l’Antiquité, les édifices médiévaux, les fresques, la statuaire mais aussi les costumes traditionnels, les sites, les villes, les villages pittoresques et leurs habitants…

Dotée depuis ses débuts d’un studio de portrait avec pignon sur rue, la maison Alinari réalise également des commandes pour l’industrie, les institutions religieuses, des laboratoires scientifiques La somme des images produites sous l’ère des Alinari offre ainsi une vision kaléidoscopique de l’art, de la société italienne et de ses mutations dans le dernier tiers du 19e et le premier quart du 20e siècle.

Lieu vivant et lieu de mémoire, Alinari continue à jouer un rôle majeur dans le paysage photographique, comme éditeur de beaux livres, comme musée de la photographie et détenteur de fonds photographiques, acquis depuis les années 1930, comme agence de diffusion en ligne d’images, enfin, couvrant plus d’un siècle et tous les domaines d’activité.

Invité à revisiter la production des Alinari entre 1852 et 1920, Christophe Berthoud, ancien élève de l’ENSP, a choisi de rendre compte de la diversité des thèmes et des genres abordés à travers le dispositif combinatoire mis en oeuvre par l’écrivain Italo Calvino dans son recueil de récits Le Château des destins croisés.

Intitulée Les Archives Alinari et la syntaxe du monde, l’exposition s’organisera à partir des lames du tarot de Marseille que Calvino utilise comme « machine narratrice », reproduites dans les marges de son texte et dont les combinaisons seront présentées au mur comme fil conducteur de l’accrochage. L’exposition rendra également hommage à l’un des écrivains italiens les plus populaires en France et à son apport à l’ouvroir de littérature potentiel, l’Oulipo, où il rejoint Raymond Queneau et Georges Perec en 1973, et dans l’esprit duquel Le Château des destins croisés s’inscrit explicitement.

Christophe Berthoud, commissaire d’exposition – ENSP 1992



Exposition conçue par Christophe Berthoud et coproduite par les Rencontres d’Arles et Fratelli Alinari. Fondazione per la Storia della Fotografia.

Exposition présentée au cloître Saint-Trophime, Rencontres d’Arles 2012.