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10 août 2008

Les Insoumises, Un regard sous les dessous du Second Empire

« Je ne sais trop pourquoi depuis toujours le Second Empire pourtant si rigide m’a fasciné. Cent ans d’histoire de France d’Emmanuel Berl, Le Second Empire nous regarde, furent parmi les premiers livres acquis avec mon argent de poche d’enfant. Ces courtisanes à la séduction et au pouvoir si difficiles à imaginer aujourd’hui ont leur place là, parfois accompagnées de leurs fiches de police. »

Christian Lacroix




On les appelle cocottes, biches, lorettes ou demi-mondaines, mais elles sont avant tout des Insoumises. Elles vivent ostensiblement de leurs charmes, croquent la fortune des hommes, défraient souvent la chronique par leurs murs tapageuses, leur goût du luxe ou le titre princier de leurs amants. L’époque est à la frivolité. Cependant, dès 1860, l’empereur Napoléon III crée une police des Murs chargée de surveiller ces intrigantes qui échappent à « l’encartage » réglementant alors le commerce de la galanterie. Les officiers de police consignent leurs faits et pratiques dans le registre BB/1, établissant une fiche pour chacune d’elles, accompagnée, quand il existe, d’un portrait photographique. Car la photographie a tout de suite trouvé sa place dans cette affaire, à la fois pièce d’identification pour la police et publicité pour ces dames. La « carte de visite », petit portrait photographique que l’on s’échange dans les milieux mondains, vient juste d’être inventée par Eugène Disdéri. Les courtisanes affluent chez les photographes de renom. Leurs portraits prolifèrent dans la vitrine des studios ou à la devanture des kiosques. Pour quelques francs, amateurs, entreteneurs ou policiers pourront les acquérir. Entre photographies de salon et enquêtes policières, deux regards se croisent. L’exposition présente les portraits des courtisanes les plus célèbres, accompagnés d’extraits de leurs fiches de police.



Exposition réalisée par Laure Deratte et présentée par la galerie Lumière des roses.

Avec la participation du musée de la Préfecture de Police de Paris. Collections : Laure Deratte, galerie Lumière des roses (Philippe et Marion Jacquier), Gérard Levy, Bernard Garrett, MD, Jean-Pierre Faur, Marc Sainte-Marie.

Exposition présentée salle Henri Comte, Rencontres d’Arles 2008.