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14 août 2006

Marion Poussier, {Un été}

« Marion Poussier fait partie des guetteurs de nos sociétés que sont certains photographes. C’est en relisant sa mémoire qu’elle nous implique dans ce monde complexe de l’adolescence. Ils sont là et s’observent dans le secret de leurs petits mensonges, déstabilisés par leur corps en période de mue. Le désir qui les cueille et les anime, les rassemble parfois ou au contraire les contraint à la bonne distance.


Marion s’éloigne des chamboulements que traversent ces jeunes, bousculés, bringuebalés par nos sociétés. Elle procède par découpage dans les colonies de vacances. C’est son champ d’investigation. Dans cet espace en creux, elle positionne son point de vue. Devant elle, les personnages de son choix évoluent silencieusement dans ce décor où se chuchotent des gestes teintés de couleurs sucrées. 

Nous, nous sommes face à ses sages images, les spectateurs d’un théâtre de mimiques dont les effleurements sont les tâtonnements de la vie. C’est un lieu où s’inventent des histoires cernées de maladresse pour certains et pour d’autres d’assurance mal contrôlée. Cette évanescence de moments tendres et mélancoliques évoque tout à la fois, le reflet de nos sociétés et le miroir de nos souvenirs d’enfance. En ce sens là aussi son travail est précieux. »

Yann Legoff



Cette série est née du souvenir des quelques étés que j’ai passés en colonie de vacances étant adolescente. J’ai toujours eu pendant ces vacances le sentiment de vivre des moments forts, rares et précieux. La colonie était une sorte de parenthèse dans le reste de ma vie. Personne ne me connaissait, je pouvais alors « jouer le rôle » que je voulais. J’avais le sentiment d’être coupée du reste du monde pendant deux ou trois semaines. Le temps, suspendu, et l’espace, clos, prenaient une autre dimension. Chaque jour comptait. Les premiers surtout. Ceux où l’on cherche celles et ceux qui nous ressemblent où à qui on aimerait ressembler. Ceux où l’on se fie en premier lieu à l’apparence pour nouer des amitiés nouvelles. La question du « paraître » et de la « représentation », inhérente à l’adolescence, est au cœur de ce travail. Mais si ces images nous montrent le côté théâtral des attitudes des adolescents c’est aussi leur propre personnalité qui transparaît, fragile et vulnérable.

Marion Poussier

Série de 20 photographies réalisées entre 2003 et 2005 dans trois centres de vacances différents à Morlaix, Fouesnant et Avignon. Aucune des situations photographiées n’est mise en scène.



Réalisation: Valéry Faidherbe et Olivier Kœchlin. Son: Alain Richon. Production exécutive: La Tambour Qui Parle. 

Exposition projetée à l’Atelier des Forges, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2006.