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17 août 2008

Mimmo Jodice, L’Errance du regard, Rêves et visions d’Italie

  Il fallait toute l’expérience d’un Mimmo Jodice, sa connaissance éprouvée des multiples facettes et possibilités de la photographie, sa longue et profonde introspection de la notion de territoire pour parvenir à restituer la quintessence d’un pays tel que l’Italie et l’aura de son patrimoine artistique exceptionnel. Jodice aime à citer la phrase de Fernando Pessoa : « Mais à quoi pensais-je avant de me perdre à regarder ? ». Il lui semble que ces mots ont été écrits pour lui, qu’ils décrivent exactement sa faculté à s’abandonner dans l’acte de regarder et d’imaginer, toujours en quête de visions hors de la réalité.

Cette exposition présente, en 172 photographies dont beaucoup inédites, un travail poursuivi pendant trente années. De Turin à Trieste, de Bolzano au Stromboli, c’est toute la péninsule italienne qui se dévoile en majesté au fil des pages. Les monuments oubliés, les jardins, les arrière-cours, les vues urbaines toujours changeantes de Milan, Rome ou Naples sont à la fois redécouverts et réinterprétés par un virtuose du noir et blanc qui n’a cessé de s’interroger sur les mystères de la lumière méditerranéenne.

Alessandra Mauro remarque, dans l’essai qu’elle consacre au photographe napolitain, que « chez Jodice, le silence s’empare des lieux et les photographies deviennent les visions métaphysiques où se croisent les signes d’un passé qui revient habiter le présent». Ce qu’offre Mimmo Jodice dans L’Errance du regard, c’est la possibilité de conserver en notre for intérieur une trace métaphorique, muette et poétique, de ce que l’Italie n’a cessé d’inspirer à ceux qui tentent de la cerner.



Textes de Francine Prose, Alessandra Mauro, Roberta Valtorta.

Exposition présentée au Magasin Électrique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2008.