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5 juillet 2012

Nadège Mériau, Prix Découverte des Rencontres d’Arles 2012

Ma pratique explore les possibilités de création d’images associant viscéral et sublime. Fondé sur l’idée d’une perception active et du corps comme élément de la texture du monde, mon travail s’adresse aux cinq sens. Les habitats incandescents et ruisselants que je photographie évoquent des faims primitives – ils enveloppent, absorbent. Mes investigations reposent sur le concept « d’immensité intime » développé par Gaston Bachelard, la quête romantique d’incorporer l’infini et mon intérêt pour le biomimétisme. J’entends l’écologie au sens littéral du terme, en tant qu’étude de l’habitat (du grec oikologos, où oikos signifie maison, lieu de résidence, habitation et logos, l’étude). Je m’intéresse à l’instinct de nidification, à la notion de foyer, qu’il s’agisse de notre environnement domestique, social ou naturel. Comment nous inscrivons-nous dans un espace, dans une communauté ? Comment créons-nous un sentiment d’appartenance ? Comment définissons-nous notre identité ? Tel le lombric qui crée lentement son habitat en transformant la terre qu’il digère en humus, les artistes fabriquent des histoires et des métaphores à partir de leurs expériences. Ma pratique actuelle porte sur l’intérêt que suscite l’habitat alternatif, à l’image de la maison de hobbit de Simon Dale. Dans un monde pétri d’incertitudes, serions-nous en quête d’architectures intra-utérines ? Pourrait-il s’agir d’une manifestation de notre désir inconscient de retrouver la matrice ou les origines de la vie ?

Nadège Mériau


Artiste présentée par Olivier Richon.

Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2012.