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25 août 2007

Nanna Hänninen, Les nouveaux paysages

Ma série la plus récente Les nouveaux paysages réunit des scènes urbaines photographiées, de 2004 à 2006, en Finlande (Jyväskylä, Kuopio et Helsinki), aux États-Unis (Brooklyn-New York), en Suisse (Zurich et Bâle), en Allemagne (Düsseldorf et divers lieux), et aux Açores.

Cette série a été prise dans de célèbres métropoles ou bâtiments, usines, cimetières, aéroports, tours ; principalement des lieux stratégiques qui occasionnent un mélange de lumières dans le paysage et requièrent un long temps de pose, si bien que l’image devient presque un court métrage. Ces paysages urbains sont, en fait, des dessins des mouvements de mon corps qui, sur le matériau photographique, apparaissent comme de fines lignes de lumière rythmées où le sujet et le paysage se mêlent en une unique image. Les motifs picturaux sont divisés en différentes surfaces : la surface abstraite et picturale se réfère à la présence humaine (la respiration, le battement du coeur, le rire, la parole, la marche lors du temps de pose) et à la photographie comme médium qui, dans mon travail, se rapproche de la peinture. Le sujet est toujours fortement présent, alors que l’objet – le décor – en est éloigné, et devient ainsi plus facile à aborder, et aussi plus sûr que le lieu réel.

Les nouveaux paysages vient de mon intérêt sociologique pour la femme qui perçoit, comprend et se situe dans le monde extérieur. Il y a des similitudes conceptuelles avec mes travaux précédents à propos du contrôle et de la peur de le perdre. La série Les nouveaux paysages peut également être perçue comme une tentative de saisir et de contrôler, à distance, une ville éventuellement dangereuse la nuit. L’éloigne­ment de l’objet et l’esthétique du vide sont de nouveau présents dans mes nouvelles images, et l’échelle en est souvent confuse. La présence des individus et de leurs exploits peut apparaître dans mon travail, même si elle n’est pas tout à fait montrée.

Les images ont été retravaillées par ordinateur. Mon langage figuratif – minimalisme ou réduction d’une information – implique davantage une méthode visuelle qui fait référence au sens symbolique ou linguistique (le vide, l’infini) mais qui peut également être vu comme une référence de l’histoire de l’art à la peinture moderne.

Le résultat est que toutes ces images deviennent des histoires concentrées de reconnaissance et d’instants, représentées sous forme de grandes abstractions colorées ayant un sens profond de la réalité alentour.

Nanna Hänninen



Artiste proposée par Johan Sjöström. 

Exposition présentée à l’Atelier de Maintenance, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2007.