logo
fr en
close post
9 août 2006

Roman Cieslewicz à Arles

« C’est au Chili en 1971 que j’ai entendu le nom de Roman Cieslewicz pour la première fois.

Un Polonais en pleine unité populaire !

Mon interlocuteur y mettait beaucoup de tendresse et d’admiration, c’était l’époque des premiers magazines de photographies et du magazine zoom particulièrement. Ensuite ce furent des femmes à Paris qui me parlèrent de lui, de jeunes femmes artistes, écrivains.

La chance me fut donnée quelques années plus tard de pouvoir choisir un graphiste pour l’affiche de mon premier documentaire pour sa sortie en salle. Je me précipitai à Montrouge, j’allais pouvoir enfin rencontrer Roman.
J’étais intimidé. Il habitait dans une petite rue derrière le périphérique.
J’avais apporté des images, des photogrammes que j’avais fait moi-même. Il voulait d’abord voir le film… pas de problème !… Je revins quelques jours plus tard impatient et curieux.
Une merveille ! Quel plaisir de découvrir une affiche de Roman Cieslewicz. J’ai eu l’impression à cette minute-là d’être pour la première fois un cinéaste, que le film pourrait être montré au public. Il m’échappait et à la fois il devenait utile et spectacle.
C’était devenu une coutume de venir à Montrouge, cela voulait dire que le film était fini.
J’entends encore son rire, sa générosité et son intelligence. J’aimais cette liberté.
Je sortais du montage, il était le premier spectateur, il trouvait la grâce et l’intelligence de l’image juste.
Mon dernier plaisir a été de voir autant de jeunes à Saint-Julien le Pauvre un matin d’hiver au dernier rendez-vous.
Aujourd’hui dans un nouveau local en banlieue, j’ai toutes ces affiches au mur. Elles me donnent l’énergie de continuer à fabriquer d’autres films comme s’il m’attendait encore à Montrouge. »

Raymond Depardon



Exposition organisée avec la collaboration de l’association Roman Cieslewicz et la Maison Européenne de la Photographie.

Exposition présentée à l’Atelier de Mécanique, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2006.