logo
fr en
close post
15 juillet 2003

Roman Opalka, L’œuvre photographique

Cette exposition est la première consacrée à l’œuvre photographique de Roman Opalka. Elle mettra en lumière une partie importante de son œuvre, conceptuellement indissociable du programme dans lequel il décida de s’engager en 1965. Visant à rendre possible une visualisation du temps, cette œuvre unique constitue également le programme de toute sa vie :

« Ma position fondamentale, programme de toute ma vie, se traduit dans un processus de travail enregistrant une progression qui est à la fois un document sur le temps et sa définition ; (…) Je compte de manière continue de 1 à l’infini sur des toiles de même dimension, à la main, au pinceau, en blanc, sur un fond recevant à chaque fois 1% de blanc supplémentaire. Arrivera donc le moment où je compterai en blanc sur blanc. A chaque « détail » (c’est ainsi que l’artiste nomme chacun de ses tableaux), s’ajoute un enregistrement sur bande magnétique de ma voix disant les nombres pendant que je les peins et une documentation photographique de mon visage. » (Roman Opalka / 1972) 

Le processus d’enregistrement du temps qui s’imprime sur le visage de l’artiste est apparu dans son programme en 1972.

Après chaque séance de peinture, Roman Opalka se photographie devant la toile en cours. Invariablement, il utilise le même cadrage, la même lumière, le même appareil photographique, porte la même chemise et adopte une expression identique, quoiqu’il arrive. D’une photographie à l’autre, qu’elle soit prise à plusieurs jours ou plusieurs années de distance, cette constance imperturbable permet de livrer une autre forme de visualisation du temps. D’une photographie à l’autre, qu’elle soit prise à plusieurs jours ou plusieurs années de distance, cette constance imperturbable permet de livrer une autre forme de visualisation du temps. 

« Une seule catégorie de « détails » comporte une durée parfaitement identique: l’instant d’ouverture et de fermeture de l’objectif, correspondant au nombre et au moment où je me suis arrêté de peindre, afin de le fixer par une photographie de mon visage qui devient aussi un détail de ce moment précis ; cela afin de mémoriser une partie de mon changement physique et de son reflet psychique par ce que je nomme mon autoportrait, composé de milliers de photographies représentant des milliers de jours de travail, et qui constituent des sections d’observations fixées par un cliché, réalisées dans l’atelier, à la fin de chaque journée… » (Roman Opalka)


Alain Julien-Laferrière est directeur du Centre de Création Contemporaine



Commissaire de l’exposition: Alain Julien-Laferrière 



Exposition présentée au Musée Réattu, Rencontres d’Arles 2003.