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28 août 2007

Siya Singh, Autoportraits

Les autoportraits de Siya Singh constituent une interprétation explicite de l’identité changeante d’une Indienne, femme et citadine. Ils nous permettent aussi de réfléchir au narcissisme latent en chacun de nous. La métamorphose de la femme-enfant en femme, consciente de soi et de sa sexualité, bouleverse les notions préconçues sur la féminité indienne. Dans une société qui se montre généralement hostile et méfiante face à son allure androgyne, Siya Singh repousse les frontières du conformisme à travers des images d’une « crudité » instinctive.




J’ai commencé à faire des autoportraits quand je suis moi-même devenue le sujet d’un livre d’artiste, About Turn (« Demi-tour »), où je symbolisais une femme indienne d’aujourd’hui. La nuit précédant la première séance de prise de vue pour ce livre, j’ai décidé de faire quelques autoportraits pour voir qui je serais sur ces images, qui exercerait l’ultime contrôle sur mon image, quelle relation je tisserais avec l’objectif pour communiquer qui je suis. Les jours sont devenus des semaines, puis des mois, passés à explorer ce territoire inconnu, centré autour d’une interrogation : qui suis-je vraiment ? Ai-je des personnalités multiples ? Suis-je une « auto-voyeuse » ? Ou plus simplement, une photographe narcissique ?

Devika Daulet-Singh



AUTOPORTRAITS

J’ai commencé à faire des autoportraits quand je suis moi-même devenue le sujet d’un livre d’artiste, About Turn (« Demi-tour »), où je symbolisais une femme indienne d’aujourd’hui. La nuit précédant la première séance de prise de vue pour ce livre, j’ai décidé de faire quelques autoportraits pour voir qui je serais sur ces images, qui exercerait l’ultime contrôle sur mon image, quelle relation je tisserais avec l’objectif pour communiquer qui je suis. Les jours sont devenus des semaines, puis des mois, passés à explorer ce territoire inconnu, centré autour d’une interrogation : qui suis-je vraiment ? Ai-je des personnalités multiples ? Suis-je une « auto-voyeuse » ? Ou plus simplement, une photographe narcissique ?

Tourner l’objectif sur moi-même s’est révélé une expérience stimulante, parce que je n’avais jamais exercé ce type de contrôle auparavant. La relation avec soi et avec son corps est devenue une métaphore évocatrice de ce que je pouvais représenter. Le moi psychologique et le moi extérieur étaient les deux concepts sur lesquels j’asseyais mon autorité pour réaliser ces images.

Ces photographies sont certes des fragments de ma vie mais, plus en profondeur, elles révèlent mes angoisses, mes désirs et mes interrogations sur ma place dans la société que j’habite. J’ai été élevée en conformité avec certains idéaux de féminité. Mon allure androgyne va à l’encontre de la notion séculaire de beauté dans la société indienne. Dans ce cas, y ai-je ma place ? Ce que je ne parviens pas toujours à surmonter dans ma façon de vivre, je peux le franchir au travers de mes photographies. Commencent à se dessiner les contours de ma propre conformité et de mes propres libertés en tant que jeune femme.


Siya Singh




Réalisation : Le Tambour Qui Parle.

Exposition projetée à l’Atelier des Forges, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2007.