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9 août 2006

Sophie Ristelhueber, Eleven Blowups

« Quand j’ai commencé à me poser des questions, à vouloir photographier autrement l’actualité des hommes, j’ai trouvé une amie, c’est elle qui m’a aidé à sortir de mon passé. Nous avons réalisé ensemble « San Clemente », elle au son, moi au cadre, ce film sur un hôpital psychiatrique à Venise.

J’ai écrit « Notes », mon premier livre pour elle. Le plus important chez elle, c’est son parcours sans compromis. À sa façon, avec réflexion, c’est le contraire du reporter de guerre, ses photographies témoignent aussi de la folie des hommes, sans doute avec encore plus de force que le témoin reporter. Sensible, discrète, engagée, habitée, elle a un vrai talent d’artiste photographe, salué dans le monde entier, c’est en plus une amie fidèle. »


Raymond Depardon


Selon ses propres mots, Sophie Ristelhueber « s’attache aux désordres de lieux traversés par des événements majeurs quels qu’ils soient ». Ainsi, une guerre civile (Beyrouth, photographies, 1984), un tremblement de terre (Arménie, 1989), la première guerre du Golfe (Fait, 1992), les conflits balkaniques (Every One, 1994 et La campagne, 1997), les grandes frontières symboliques d’Asie Centrale avant que le 11 septembre ne les mette en première ligne (L’air est à tout le monde II, III, IV, 2000, 2001, 2002), la Mésopotamie de Babylone aux conflits des plus récents (Dead Set, 2000 et Irak, 2001).


En 2005, dans WB, l’une de ses dernières œuvres, figurent densément toutes ses obsessions : traces, destructions, obstacles en tous genres pour se séparer de l’autre. Comme toujours chez elle, il ne s’agit pas de relever un contexte ou des responsabilités politiques d’un côté ou d’un autre, mais de créer une œuvre sans limite de temps et d’identité.


Pour répondre à l’invitation de Raymond Depardon à participer à l’édition 2006 des Rencontres d’Arles, Sophie Ristelhueber présente un « recensement » de cratères d’attentats comme autant de tombeaux qui se creusent chaque jour dans la terre irakienne. Pour réaliser ce nouveau travail, elle a visionné les archives vidéo d’une agence de presse à Londres, et a retrouvé la réalité de ce pays qu’elle avait parcouru en 2000 pour travailler sur « un étonnant raccourci de milliers d’années : de la plus ancienne civilisation de Mésopotamie à celle de la première guerre du Golfe, alors que les F-16 américains volaient au-dessus de nos têtes en mission de surveillance. La vision fossilisée est un matériau qui me hante depuis mon travail sur Beyrouth, un cycle de plus de vingt ans qui est peut-être sur le point de s’achever ».


Création pour les Rencontres d’Arles réalisée avec le soutien de la Délégation aux arts plastiques – Ministère de la Culture et de la Communication.

Exposition présentée à la Banque de France, Rencontres d’Arles 2006.