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6 août 2011

Stage à la pénitentiaire d’Arles, L’enfermement vu de l’intérieur

Ces travaux mettent en relief et illustrent bien les habiletés que tout être peut révéler, en situation d’enfermement. À travers ces photographies, ces hommes, privés de liberté, nous interpellent, nous envoient un message et ce sont les formateurs, Marco Ambrosi et Michel Gasarian, qui en permettent l’expression. Le premier a travaillé en noir et blanc, le second en couleur. Deux approches différentes qui devraient permettre aux stagiaires de s’expimer à travers la prise de clichés photographiques réorganisés, retravaillés à l’aide de logiciels de traitement d’image C’est pourquoi, au-delà d’une exposition dans l’établissement pénitentiaire d’Arles, il a semblé intéressant de proposer que cette production intègre les Rencontres d’Arles. Ces photographies sont le résultat d’un travail engagé avec des personnes détenues dans le cadre d’une formation menée à la Maison Centrale d’Arles. Cette action s’inscrit dans un dispositif plus global de formation proposé par la Direction de l’Administration Pénitenciaire et animé par l’association PREFACE Léo Lagrange, partenaire du groupement GAÏA.

L’équipe pédagogique de PREFACE Léo Lagrange.


UNE VIE EN NOIR ET BLANC, ATELIER RÉALISÉ PAR MARCO AMBROSI

Indépendamment du fait d’être photographe, ce qui m’a conduit à accepter cette mission est sa dimension humaniste. Ma contribution à la transformation sociale passe par la photographie et j’ose me considérer comme un « opérateur d’art partagé ».Bien avant de savoir que ces images seraient accueillies aux Rencontres d’Arles, le défi que je proposais aux stagiaires était de répondre à cette question : « que voulez vous dire au monde du dehors ? ». Pour cela, je leur fixais un cadre dans lequel inscrire leur réflexion : « imaginez que vous soyez invité à exposer vos photos dans une galerie qui vous demande de résumer en dix clichés ce que vous ressentez, ce que vous pensez, ce que vous voulez raconter de votre existence particulière ». Après être sorti de la méfiance, une discussion est née, elle a permis de sérier des concepts que nous avons commencé à traduire en images. Nous avons transformé les freins techniques qui s’imposaient à nous en ressources : le fait de ne pas pouvoir imprimer en couleur nous a inspiré le titre de la série Une vie en noir et blanc. Bien qu’il nous fût interdit de prendre des photos dont les sujets soient reconnaissables, j’avais la conviction qu’il ne fallait pas nier le corps, ultime et intime territoire de chaque être humain. Nous avons donc utilise le corps comme « champ » sur le quel écrire et comme matière d’écriture. Ensuite, nous avons cherché un titre pour chaque image. Un fois les titres trouvés, nous les avons écrits à la main, faisant ainsi une fois encore appel au corps et leur avons donné leur place dans l’image. Pour finir, un des stagiaires a résumé toutes les idées et les échanges nés de cette « aventure » dans le texte qui accompagne l’exposition.

Marco Ambrosi


Tirages réalisés par l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles.

Exposition présentée au couvent Saint-Césaire, Rencontres d’Arles 2011.